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33èmes Assises de la presse francophone
18 - 24 octobre 2001, Beyrouth, Liban


Union de la Presse Francophone

"Communication et culture face à la mondialisation"

Discours de M. Camille MENASSA
Président de la section libanaise de l'UIJPLF

Beyrouth, Hôtel Phoenicia, lundi 22 octobre 2001

La Section libanaise de l'Union internationale de la presse francophone se réjouit de recevoir plus de cent journalistes venus des quatre coins du monde de la Francophonie tenir leurs 33èmes Assises à Beyrouth.

Le premier contact entre l'Union et le Liban remonte à 1963 quand notre capitale a hébergé les premières assises tenues dans cette région du globe.

Vingt-neuf ans plus tard, en 1992, la liberté s'est exprimée en français à Beyrouth au cours du 24ème congrès et c'est à Beyrouth aussi, capitale culturelle du monde arabe et du pays francophone par excellence, que les journées de la Presse arabe francophone se sont penchées en 1998 sur le thème "arabité et francophonie" ...

Aujourd'hui réunis pour la quatrième fois sur le territoire libanais, nous nous retrouvons pour méditer sur "la Communication et la Culture face à la mondialisation"

Généralement, nous nous réjouissons du fait que le développement des technologies modernes, et la mondialisation qui en découle, nous permettent de recevoir par l'Internet tous les journaux du monde sur notre écran, et d'élargir ainsi notre champ de savoir. Si une personne recevait chez elle 500 journaux en papier du monde entier, ne serait-elle pas traitée d'anormale ? Elle n'a pas le temps de les lire. Et grâce à la révolution numérique, nous pouvons recevoir 500 chaînes de télévision. En quoi 500 chaînes de télévision vont elles mieux nous informer que 500 journaux que nous ne pouvons matériellement pas lire. Nous passerons notre temps à faire du zapping et nous consommerons des images sans être informés.

Sur un autre plan, dire qu'avec les nouvelles technologies, nous atteignons la communication totale, cela laisse croire que la totalité des êtres humains peuvent être informés et communiquer. Ce n'est pas vrai. A peine 8% de la population du globe a accès à un ordinateur et ceux qui utilisent l'internet sont encore moins nombreux.

Ce que je viens d'avancer ne veut pas dire que les technologies de pointe ne constituent pas une menace et que la mondialisation ne mettra pas en danger nos moyens d'information locaux ou régionaux, ainsi que notre conception traditionnelle de la souverainté sous toutes ses formes, culturelles, politiques ou idéologiques.
L'objet de nos assises est justement d'étudier le rôle des médias nationaux et francophones dans la défense et la sauvegarde d'une certaine identité face à la mondialisation qui risque avec le dépassement des frontières de sombrer dans un "égoïsme sans frontières".

Un sociologue américain critique ceux qui vantent les bienfaits de la mondialisation et qui prétendent qu'elle offre au consommateur de n'importe quel produit - y compris l'information devenue une denrée - une grande liberté de choix . Il illustre son propos par l'exemple d'une publicité en faveur d'une chaîne de fabrique de pommes de terre du Mid West, qui dit : « Nous vous offrons la liberté parce que nous vous donnons le choix de la sauce d'accompagnement ».

Il est à craindre que dans un monde mondialisé, la liberté ne ressemble de plus en plus au choix de la sauce d'accompagnement du seul plat disponible.

Ensembles nous essayerons de trouver les moyens qui nous permettent, malgré la globalisation, de pouvoir disposer non seulement de sauces différentes mais surtout de plats variés.

Mesdames, Messieurs, nous vous remercions d'être parmi nous à la séance d'ouverture de nos Assises.

Chers collègues, vous êtes les bienvenus à Beyrouth qui nous réunit à l'appel de la Francophonie, source d'ouverture et d'épanouissement. Et c'est en bon francophone que je vous dis Ahlan Wa Sahlan.

Camille MENASSA
Président de la section libanaise
de l'Union internationale des journalistes
et de la presse de langue française (UIJPLF)
Hôtel Phoenicia, Beyrouth, lundi 22 octobre 2001