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33èmes Assises de la presse francophone
22 - 23 octobre 2001, Beyrouth, Liban


Union de la Presse Francophone

"Communication et culture face à la mondialisation"

Recommandations finales
Beyrouth, Hôtel Phoenicia, le mardi 23 octobre 2001

Les participants aux 33èmes Assises de la Presse Francophone, réunies à Beyrouth les 22 et 23 octobre 2001 autour du thème " Communication et culture face à la mondialisation " ont adopté une série de résolutions afin de promouvoir et défendre la liberté de la presse dans l'ensemble du monde francophone, et d'appuyer le combat de tous les pays francophones, en particulier au Sud, pour la diversité des sources d'information et le pluralisme des expressions culturelles et médiatiques.

Les participants ont appelé solennellement à la libération de tous les journalistes emprisonnés ou empêchés d'exercer leur métier, notamment Michel Peyrard, détenu en Afghanistan, et Lucien Messan, membre de la section locale de l'Union de la Presse Francophone, détenu au Togo. Ils ont exprimé leur solidarité à tous les journalistes tués ou blessés dans l'exercice de leur métier au cours de cette année, et notamment dans les territoires palestiniens.

Les participants ont appelé les chefs d'Etat de la Francophonie à mettre tout en œuvre pour favoriser l'adoption dans tous les pays francophones de dispositions légales excluant les peines de privation de liberté et d'emprisonnement pour les infractions de presse, en réitérant l'appel lancé par leur président international, Hervé Bourges, le 3 mai 2001, journée consacrée à la liberté de la presse, pour " une amnistie générale de l'ensemble des condamnés pour délits de presse. "

Les médias audiovisuels
Les participants ont souligné que le processus de mondialisation des communications en cours place toutes les télévisions du monde face à un certain nombre de défis nouveaux. L'adoption de formats ou de normes uniques peut se traduire par une réduction de la diversité des productions. La domination des œuvres anglo-saxonnes sur les marchés des programmes conduit à une uniformisation des médias audiovisuels mondiaux. En matière d'information, la circulation des images des grands médias internationaux se traduit également par une forme de " pensée unique " à l'échelle de la planète.

Face à cette évolution, les participants ont appelé à une action volontariste pour le développement des marchés audiovisuels francophones, notamment au Sud. Ils appellent les chefs d'Etat francophones à prendre des dispositions en matière de production audiovisuelle pour favoriser les créations nationales et francophones, et pour inciter au renforcement des fonctions d'information sur les médias francophones, au Nord comme au Sud, afin que les médias francophones puissent contribuer à une véritable diversité dans la couverture de l'actualité mondiale.

Consolider la presse écrite
Les participants ont insisté sur les moyens à mettre en œuvre pour renforcer la presse écrite, et sur les conditions de son essor : formation des journalistes, dispositions d'aides indirectes adaptées aux entreprises de presse, concernant par exemple les tarifs d'affranchissement, les taxes à la vente et le prix du papier. Ils ont appelé les chefs d'Etat francophones à adopter des dispositions d'aides non discriminantes, c'est à dire accordées à toute entreprise de presse.

Ils soulignent l'importance de la formation au journalisme et de la coopération internationale francophone dans ce domaine. Les participants décident notamment de faire de cette question importante le thème de leurs prochains Etats-Généraux, qui seront organisés à Libreville, au Gabon, en février 2002. Ils mandatent le bureau international pour préparer un plan d'action qu'il présentera à Libreville, visant à mettre en œuvre des actions concrètes en faveur de la formation et du perfectionnement des professionnels du Sud, actions qui devraient être initiées et/ou soutenues par les médias du Nord.

Reprenant d'ores et déjà leurs résolutions de Brazzaville, " ils appellent à la création et au développement des structures de formation continue accessibles aux professionnels francophones et au renforcement des écoles et des cycles universitaires spécialisés qui existent ".

La presse écrite face aux défis des médias mondiaux
Les participants ont réaffirmé leur confiance dans l'écrit comme outil principal de l'expression des journalistes, à la fois en presse papier et sur les sites Internet. Les nouvelles technologies entraînent l'apparition de nouveaux médias, de nouvelles pratiques professionnelles et de nouvelles méthodes de travail. Ceci rend d'autant plus nécessaire le renforcement du professionnalisme et le respect scrupuleux de la déontologie, quel que soit le média utilisé. Sur Internet, l'immédiateté de la publication ne doit pas se faire au détriment du travail proprement journalistique.

Ils ont par ailleurs appelé les Etats francophones à faciliter les connexions et les accès au réseau pour les journalistes, afin qu'ils puissent couvrir l'information dans de meilleures conditions.

La Francophonie: un outil pour la tolérance et la diversité culturelle
Les participants ont d'abord affirmé que la diversité culturelle est l'outil essentiel d'une bonne pratique de la tolérance entre les peuples.

Les participants ont exprimé leur inquiétude face à ce qui est ressenti par les journalistes comme un certain recul de la Francophonie en matière de communication.

Ils ont souhaité que lors des prochaines négociations de l'OMC, les produits culturels et donc ceux issus du secteur de l'information et de la communication conservent leur statut actuel. Ces produits ne peuvent pas être une marchandise comme une autre.

L'Union internationale de la Prese Francophone (UPF)

L'Union Internationale des Journalistes et de la Presse de Langue Française (UIJPLF) a adopté à Beyrouth une nouvelle dénomination, et est devenue l'Union internationale de la Presse Francophone (UPF). Le Comité international a pris cette décision pour apporter un nouvel élan à l'Union.