Union de la Presse Francophone
 
La francophonie
Résolution finale
Interventions
Messages
Revue de presse
U.I.J.P.L.F. 1950-2000
Sites des 32è assises
Photos des assises
Retour manifestations
Retour pagé précédente
Menu pricipal
La francophonie
La gazette
Pressothèque
Agence d'info - U.P.F.
Langue Française


Saint-Paul de la Réunion, mercredi 21 avril 2004
9ème Université de la communication de l'océan Indien

Une nouvelle mondialisation

Hervé Bourges
Président de l'Union internationale
de la presse francophone, UPF.

Mettre la mondialisation médiatique
au service de la diversité culturelle

L'évolution actuelle des technologies de la communication, grâce à la numérisation de toutes les données, textes, images, sons, transforme radicalement les médias que nous connaissions jusque là, et en fait apparaître de nouveaux.

L'enthousiasme des uns répond à l'inquiétude des autres. L'espoir qui accompagne le développement de la société de l'information généralisée n'a d'égal que l'angoisse qui saisit tous ceux qui craignent d'y voir à l'œuvre des processus d'exclusion ou de marginalisation. Ces deux réactions sont également justifiées. Une mutation technologique de cette ampleur a toujours des conséquences économiques, culturelles et sociales, qui peuvent être positives ou négatives, selon l'orientation politique qui leur est donnée.

Il est donc nécessaire de comprendre comment les nouveaux espaces de communication que nous défrichons peuvent changer notre rapport au monde, notre rapport à autrui, notre manière de vivre ensemble. Ces trois dimensions de notre espace vital : espace géographique, espace relationnel, espace politique, vont toutes être concernées par les mutations en cours. Or ces trois espaces définissent aussi, à leur intersection, une culture et sa vitalité. Dès lors, il est légitime et même nécessaire de s'interroger sur l'avenir des identités culturelles.

La mondialisation des communications est un fait. C'est aussi une chance pour les Pays du Sud, si nous savons en faire bon usage et si nous respectons un certain nombre de conditions. Je me bornerai à lancer des pistes de réflexion rapides, afin de synthétiser une vision de ce que peut être une " nouvelle mondialisation ", qui soit au service de tous et non au service des plus puissants et de ceux qui sont les mieux dotés, que ce soit en termes de technologie ou de pouvoir d'achat.

I. Six siècles de mondialisation économique

La mondialisation économique n'est pas un phénomène nouveau. La mondialisation médiatique est une phénomène nouveau. La mondialisation économique apparaît au moment où les échanges commerciaux prennent une dimension mondiale : les effets économiques de la colonisation de l'Amérique du Sud par l'Espagne, au XVIe siècle, vont se faire sentir pendant deux siècles : l'afflux d'or est à l'origine à la fois de la prospérité et du renforcement géopolitique de l'Espagne, mais aussi de son affaissement, au XVIIe siècle, victime d'une inflation non maîtrisée créant un fardeau financier public que ne pouvait supporter l'état de développement du pays, sauf si les cargaisons d'or péruvien avaient pu continuer à croître indéfiniment.

De même pour l'Angleterre du XIXe siècle, dont le rayonnement et la puissance s'appuient essentiellement sur l'exploitation de plus en plus industrielle des richesses de son empire colonial. Là encore, l'essoufflement économique progressif de l'Europe dans la première moitié du XXe siècle vient de l'enrayement de cette croissance rapide qu'avait nourri l'expansion coloniale, générant à la fois progrès et inflation, expansion artificielle et explosion des charges publiques pour des Etats dont le développement ne permettait pas d'assurer durablement le financement d'une généralisation des mêmes besoins et des mêmes attentes à des peuples aussi dissemblables, d'usages et de cultures.

Nous vivons depuis bientôt six cents ans dans une monde où l'économie est mondialisée, au sens où toutes les évolutions économiques fondamentales résultent d'équilibres ou de déséquilibres économiques qui s'établissent au niveau du globe tout entier, et résultent des relations et des échanges entre les continents. Donc la mondialisation économique n'est pas une nouveauté, et ces effets, contrairement à ce que l'on croit souvent, ne sont pas plus ravageurs ou cruels aujourd'hui qu'hier.

Entre l'Espagne du Siècle d'Or et l'Angleterre victorienne, je n'ai pas évoqué en effet cet autre épisode essentiel de la mondialisation économique au XVIIIe siècle, qui est l'utilisation à grande échelle de l'esclavage pour opérer un transfert de force de travail massif d'un continent à l'autre, et pour asseoir en particulier la première prospérité de l'Amérique du Nord et de l'Amérique centrale. Contrairement à ce que pourrait nous faire croire une amnésie trop facile et trop commune, la cruauté de la mondialisation n'est donc pas pire aujourd'hui que ce que nous avons connu hier. Je tiens à ce propos à saluer la constitution, la semaine dernière à Paris, sous les auspices du ministère de l'Outremer, du Comité pour la mémoire de l'esclavage, que préside l'écrivain Maryse Condé.

II. Un bain médiatique unique

La nouveauté des dernières décennies, c'est la mise en réseaux des infrastructures de communication pour la diffusion des informations. L'élément nouveau, qui bouleverse notre univers de pensée, c'est la conscience désormais universelle et instantanée des processus de mondialisation économique, et de leurs conséquences. Ainsi la maîtrise de la mondialisation de l'exploitation des ressources énergétiques se traduit par une compréhension à peu près universelle des objectifs de l'administration américaine en termes géopolitiques : de nombreux commentateurs, dans tous les pays du monde, ont expliqué la visée stratégique du conflit irakien en le reliant à la nécessité pour les Etats-Unis de s'assurer un contrôle des exportations pétrolières de cette zone.

La mondialisation médiatique, comme la mondialisation économique jusque là, n'est pas un phénomène dont il soit possible de s'extraire. Il n'est pas possible d'arrêter une technologie, d'empêcher les satellites d'émettre, d'empêcher les ordinateurs de dialoguer. C'est pourquoi je suis toujours circonspect face au concept d'une " autre mondialisation " ou même d'une " nouvelle mondialisation ". Ce bain médiatique nouveau, nous y sommes plongés, et il a des effets sur notre quotidien. Nous sommes désormais, que nous le voulions ou non, les citoyens d'un même village.

Mais du coup, il n'est pas possible de gérer ce village sans que nous puissions nous exprimer. Il n'est pas possible de ne passer au cinéma du village qu'un seul type d'œuvres. Il n'est pas possible de pratiquer un seul sport ou d'imposer un style unique. C'est cette étape que nous avons à concevoir et à mettre en place : comment faire en sorte que dans ce village unique, chacun trouve sa place, dans des conditions équitables, dans des conditions de justice et de respect mutuel. C'est tout le rôle des médias.

Jusque là, la mondialisation médiatique a été essentiellement le résultat de mutations technologiques. Cette nouvelle mondialisation a donc été réalisée avant d'être pensée… Elle a été généralisée avant d'être organisée. Il est temps de penser à lui donner à la fois un sens et des règles. Un sens : la capacité de communiquer en temps réel, c'est la possibilité de partager des émotions, mais aussi des réflexions, sans contrainte géographique ni politique. C'est donc la possibilité offerte d'un " vivre ensemble " à l'échelle de la planète. Il y a lieu d'engager une réflexion dans toutes les enceintes internationales dépendant de l'Organisation des Nations Unies, pour concevoir les modalités de ce " vivre ensemble ", aussi bien sur le plan économique, sur le plan politique, que sur le plan culturel.

Et le rôle des médias est plus que jamais fondamental pour donner une expression à cette réflexion collective. Car il ne s'agit pas désormais de mettre en place des structures d'organisation nouvelles hors du contrôle des peuples : ce que nous montre avec clarté à la fois le mouvement " altermondialiste " sur tous les continents et le durcissement des dérives terroristes de la part d'individus qui rejettent le processus de mondialisation et les valeurs qu'il semble imposer.

La mondialisation médiatique a des conséquences en termes humains et politiques : la " Cité " antique avait des bornes simples, et il était possible d'y construire un débat transparent, ouvert. Le monde d'aujourd'hui n'a plus de périmètre qui puisse réduire la portée du débat. Tout débat local met en jeu des principes où l'humanité entière doit se reconnaître. L'universalité des valeurs et des choix moraux est pourtant loin d'être un fait. L'université des cultures et des références n'est, elle-même, pas souhaitable, tant que l'esprit humain est incapable de maîtriser à la fois la subtilité, y compris spirituelle, de toutes les cultures.

C'est dire que ce à quoi nous sommes confrontés est proche du dilemme : souhaitons nous organiser cette mondialisation médiatique de manière à permettre une communication immédiate et facile entre tous les hommes, dans leur diversité, il s'agirait alors d'une mondialisation pacifiée… Mais culturellement appauvrie, et peut-être demain plus violente…

Ou bien souhaitons-nous trouver les voies d'une mondialisation inspirée par le respect réciproque et le dialogue ? Je voudrais terminer cette intervention, très courte, par quelques propos optimistes, et par l'expression de ma confiance dans la possibilité pour nous d'organiser la mondialisation médiatique de telle sorte qu'elle soit d'abord une chance pour pérenniser, face aux effets de la mondialisation économique, la diversité culturelle et le respect mutuel des peuples.

J'ai bien conscience que ce discours peut paraître exagérément optimiste, ou irréaliste, au moment où la situation irakienne se dégrade, au moment où des menaces terroristes sans équivalent dans l'histoire se développent. Mais ce n'est pas un paradoxe. Il arrive que le meilleur suive le pire : c'est après les crimes inconcevables de la deuxième guerre mondiale que les nations du monde entier ont conçu le système des Nations unies. C'est après le déchaînement actuel de violence auquel nous assistons dans le monde que ce système pourra se réformer pour instituer un nouveau modèle, ouvert et tolérant, de régulation mondiale.

Pour ce qui concerne la mondialisation médiatique, quelques éléments d'analyse permettent de nourrir cet optimisme prudent.

III. Nouvelles communautés

La numérisation, contrairement à l'analyse sommaire qui en est souvent faite, ne se traduit pas par l'extension de la logique des médias de masse au monde entier. En effet, la numérisation a pour première conséquence la multiplication rapide des sources et des canaux d'information. C'est-à-dire précisément le contraire de la centralisation, de la simplification de la communication qui caractérisaient les mass médias décrits par Mac Luhan. Même s'il est un peu tôt pour le dire avec certitude, il semble bien que l'ère de l'information doive être l'ère du reflux de la massification, celle de la réapparition de la diversité humaine.

L'analyse habituelle des mass médias voyait dans le public une sorte de masse docile, soumise à un bombardement culturel et symbolique qui tendait à unifier la société, à la coaliser autour de messages communs. Nos analystes allaient dans le même sens, avec une théorie du "lien social", et de la télévision et de la radio comme lieux de regroupement de la société autour de valeurs partagées.

A quoi assiste-t-on depuis quinze ans, avec un effet d'accélération depuis l'apparition, ces dernières années, du numérique? D'abord la radio, puis la télévision, ont explosé en offres diversifiées, adressées chacune à des catégories de populations nettement définies. La liberté de communication n'est plus seulement un principe, mais un fait.

Les nouveaux médias s'adressent donc à un public segmenté et différencié qui peut être très nombreux, mais qui n'est plus un public de masse, composé d'individus de tous types recevant en même temps le même message. Alors que les mass médias distribuaient à tous, de manière homogène, les mêmes sons et les mêmes images, la multiplication des messages, des supports et des sources rend le public plus sélectif. Chaque message s'adresse donc à un public ciblé, et ce public ciblé ayant tendance à accroître son niveau d'exigence particulière, on assiste à une spécialisation croissante de chaque chaîne, de chaque station…

De plus, le public a appris à panacher les offres, à composer lui-même son programme en empruntant à toutes les chaînes et à toutes les stations, au gré de ses préférences.

Ce panachage prend de plus en plus une dimension universelle. Faut-il y voir le risque d'une dilution des différentes cultures et des différentes traditions dans un même ensemble indifférencié? Je veux y voir au contraire une chance de survie et une nouvelle vitalité, pour des traditions qui risquaient, à l'ère des mass médias, d'être submergées par les productions standardisées de groupes multinationaux…

La culture du XXIe siècle sera plurielle, dialogique, composite. Elle n'en sera pas moins profonde, pas moins forte. On peut même penser qu'elle sera d'autant plus féconde d'œuvres durables qu'elle permettra un métissage intellectuel réel parmi les créateurs.

Au sein de tous les groupes humains, de nouvelles logiques communautaires sont à l'œuvre, qui ne recoupent pas forcément des limites géographiques ou physiques. Chacune de ces logiques communautaires se constitue une culture de références communes, et des centres nerveux électroniques pour faciliter la communication. Communications privilégiées, corpus culturel partagé, et lieux de rencontres virtuels composent progressivement des groupes humains disparates et dispersés, sans cesse modifiés, et de moins en moins exclusifs les uns des autres.

Ces identités peuvent être transversales aux identités géographiques et locales. Comme le disait Daniel Dayan, "Les médias identitaires sont des instruments de survie pour des cultures menacées, quand leur présence assure le maintien des liens entre des groupes géographiquement dispersés…" Pour autant, elles ne signifient pas forcément un refus de l'intégration à de nouvelles communautés… Les sociologues ont bien montré que la constitution d'une "culture de l'exil" serait aussi de passage vers la société d'accueil.

Car la nouveauté essentielle de ces nouvelles communautés virtuelles est de n'être pas totalement contraignantes : elles n'existent qu'au terme d'un acte d'adhésion volontaire, et toujours révocable, au gré d'une envie, d'un désir de changement, d'un changement d'état d'esprit. Les communautés virtuelles sont également fragiles parce qu'elles peuvent être factices, et transitoires. Elles n'offrent pas une identité définitive, mais des définitions instables de soi.

IV. Quelques règles de prudence

Toutefois, je voudrais terminer par quelques règles de prudence à appliquer dans les années, voire la décennie qui vient. Le bain médiatique est un fait, notre capacité à éviter qu'il devienne une soupe culturelle insipide et sans origine existe… Mais dans la phase d'essor de la société de communication, il est nécessaire de protéger toutes les cultures qui ne disposent pas encore des moyens de production suffisants pour profiter immédiatement de l'accès aux nouveaux réseaux de communication. Et il est nécessaire de les prémunir contre deux pièges qui leur sont tendus : le libre-échangisme intégral et la théorie juridique de la convergence.

Ces deux pièges ont un point commun : ils feraient tous deux disparaître toutes les barrières qui protègent les industries et les pratiques culturelles.

- Le premier piège, celui du libre-échangisme intégral, apparaît subrepticement à travers les négociations sur le commerce international et sur l'investissement transnational… Chaque pays doit être libre de favoriser sa production nationale, par des subventions ou des mécanismes de redistribution, afin de promouvoir sa culture et de renforcer sa présence sur les réseaux de communication.

C'est particulièrement le cas des pays du Sud, qui n'ont pas les moyens de s'opposer à la concurrence commerciale des productions des pays développés. Les pays du Sud ne doivent pas faire l'objet d'un chantage qui consisterait à les désarmer face aux productions culturelles dominantes, en faisant de cette libéralisation intégrale la condition préalable aux investissements internationaux sur leur territoire. Notre responsabilité est aussi de les protéger contre un tel chantage dont certaines enceintes internationales pourraient être le laboratoire, à commencer par l'OCDE, qui ne regroupe que les représentants des pays les plus riches.

Il est en revanche parfaitement acceptable de voir se constituer des entités géographiques nouvelles, par bassin, par continent, par grande zone socio-culturelle, comme l'océan Indien ou le Bassin méditerranéen, au sein du quel des dispositifs d'échanges culturels et médiatiques puissent se mettre en place afin de renforcer les identités communes…

- Un mot aussi sur le piège de la "convergence"… Qu'est ce que la convergence? C'est le fait qu'une même technologie, le numérique, soit utilisée pour des usages différents : télévision, téléphone, ordinateur. On parle maintenant, pour être à la page, de " triple play ", une même prise jouant trois jeux à la fois.

Des esprits trop rapides en ont donc conclu que cela devait nous conduire à adopter les mêmes principes juridiques pour tous les usages possibles de cette technologie, donc à la fois pour le téléphone, l'audiovisuel, les réseaux informatiques et Internet. Or, de même que ce n'est pas parce que tous les pays du monde forment un seul marché qu'ils ont nécessairement tous la même culture, de même ce n'est pas parce qu'une même technologie est utilisée pour plusieurs usages différents, qu'il faut tous les réglementer de la même manière.

On utilise l'électricité pour les lampes, les rasoirs et les cuisinières, et pourtant les réglements sont différents pour chacun de ces usages. De même les différentes applications de la technologie numérique, téléphone, audiovisuel, informatique, doivent être encadrées par des réglementations différentes, car leurs enjeux et les risques qu'elles comportent sont différents. Ce serait absurde… Et pourtant, vous entendez parler de la nécessaire "uniformisation réglementaire" qui doit accompagner la "convergence numérique". C'est le syllogisme de la convergence. Socrate est un homme, les hommes sont des animaux, les animaux sont bêtes, donc Socrate est bête. C'est ce qu'il fallait démontrer. Et pourtant Socrate est loin d'être idiot, et la télévision n'est pas aussi simple qu'un coup de téléphone…

Les Etats doivent pouvoir continuer à réglementer les contenus des services audiovisuels, à interdire l'exposition à certains horaires de programmes qui pourraient choquer ou perturber les enfants, à surveiller le pluralisme à la télévision et sur les radios… En fonction des besoins de chaque société, et dans l'intérêt du public lui-même. Une telle action ne constitue pas une entrave à la liberté de la communication, qui reste fondamentale. Elle constitue au contraire l'organisation nécessaire de cette liberté et sa préservation contre des dérives qui conduiraient à la limiter.

Conclusion

Il n'y a donc pas contradiction, à terme, entre l'inévitable mondialisation et l'affirmation des cultures à travers des médias ouverts. A condition que dans les années qui viennent, toutes les cultures, dans leur diversité, investissent largement les nouveaux réseaux, en s'opposant à la colonisation de ces nouveaux espaces médiatiques par une seule langue et une seule inspiration.

Nous pouvons trouver dans la culture la meilleure arme contre l'exclusion d'autrui et l'intolérance. Au moment où tous les hommes peuvent enfin communiquer, la culture doit être un élément positif de l'ouverture, et du respect des autres, non pas un repliement frileux sur soi. La société du refus et de la clôture sera à brève échéance une société morte.

Dans ce nouvel espace à la fois économique et moral où nous nous situons désormais, nous devons rester inspirés par des valeurs universelles, qui s'appliquent à tous les hommes. Face aux tentations de repli, prenons garde à ne pas y renoncer, au moment où elles sont les plus nécessaires pour nous définir nous mêmes et donner à chacun sa place dans le monde de demain. Un monde qui sera plus riche "de nos mutuelles différences".

Hervé BOURGES
président de l'UPF