Mettre la mondialisation
médiatique
au service de la diversité culturelle
L'évolution actuelle des technologies
de la communication, grâce à la numérisation
de toutes les données, textes, images, sons, transforme
radicalement les médias que nous connaissions jusque
là, et en fait apparaître de nouveaux.
L'enthousiasme des uns répond à
l'inquiétude des autres. L'espoir qui accompagne
le développement de la société de l'information
généralisée n'a d'égal que l'angoisse
qui saisit tous ceux qui craignent d'y voir à l'uvre
des processus d'exclusion ou de marginalisation. Ces deux
réactions sont également justifiées.
Une mutation technologique de cette ampleur a toujours des
conséquences économiques, culturelles et sociales,
qui peuvent être positives ou négatives, selon
l'orientation politique qui leur est donnée.
Il est donc nécessaire de comprendre comment les
nouveaux espaces de communication que nous défrichons
peuvent changer notre rapport au monde, notre rapport à
autrui, notre manière de vivre ensemble. Ces trois
dimensions de notre espace vital : espace géographique,
espace relationnel, espace politique, vont toutes être
concernées par les mutations en cours. Or ces trois
espaces définissent aussi, à leur intersection,
une culture et sa vitalité. Dès lors, il est
légitime et même nécessaire de s'interroger
sur l'avenir des identités culturelles.
La mondialisation des communications est un fait.
C'est aussi une chance pour les Pays du Sud,
si nous savons en faire bon usage et si nous respectons
un certain nombre de conditions. Je me bornerai à
lancer des pistes de réflexion rapides, afin de synthétiser
une vision de ce que peut être une " nouvelle
mondialisation ", qui soit au service de tous et non
au service des plus puissants et de ceux qui sont les mieux
dotés, que ce soit en termes de technologie ou de
pouvoir d'achat.
I. Six siècles de mondialisation
économique
La mondialisation économique n'est pas un phénomène
nouveau. La mondialisation médiatique est une phénomène
nouveau. La mondialisation économique apparaît
au moment où les échanges commerciaux prennent
une dimension mondiale : les effets économiques de
la colonisation de l'Amérique du Sud par l'Espagne,
au XVIe siècle, vont se faire sentir pendant
deux siècles : l'afflux d'or est à l'origine
à la fois de la prospérité et du renforcement
géopolitique de l'Espagne, mais aussi de son affaissement,
au XVIIe siècle, victime d'une inflation non maîtrisée
créant un fardeau financier public que ne pouvait
supporter l'état de développement du pays,
sauf si les cargaisons d'or péruvien avaient pu continuer
à croître indéfiniment.
De même pour l'Angleterre du XIXe siècle,
dont le rayonnement et la puissance s'appuient essentiellement
sur l'exploitation de plus en plus industrielle des richesses
de son empire colonial. Là encore, l'essoufflement
économique progressif de l'Europe dans la première
moitié du XXe siècle vient de l'enrayement
de cette croissance rapide qu'avait nourri l'expansion coloniale,
générant à la fois progrès et
inflation, expansion artificielle et explosion des charges
publiques pour des Etats dont le développement ne
permettait pas d'assurer durablement le financement d'une
généralisation des mêmes besoins et
des mêmes attentes à des peuples aussi dissemblables,
d'usages et de cultures.
Nous vivons depuis bientôt six cents ans dans
une monde où l'économie est mondialisée,
au sens où toutes les évolutions économiques
fondamentales résultent d'équilibres ou de
déséquilibres économiques qui s'établissent
au niveau du globe tout entier, et résultent des
relations et des échanges entre les continents. Donc
la mondialisation économique n'est pas une nouveauté,
et ces effets, contrairement à ce que l'on croit
souvent, ne sont pas plus ravageurs ou cruels aujourd'hui
qu'hier.
Entre l'Espagne du Siècle d'Or et l'Angleterre victorienne,
je n'ai pas évoqué en effet cet autre épisode
essentiel de la mondialisation économique au XVIIIe
siècle, qui est l'utilisation à grande
échelle de l'esclavage pour opérer un
transfert de force de travail massif d'un continent à
l'autre, et pour asseoir en particulier la première
prospérité de l'Amérique du Nord et
de l'Amérique centrale. Contrairement à ce
que pourrait nous faire croire une amnésie trop facile
et trop commune, la cruauté de la mondialisation
n'est donc pas pire aujourd'hui que ce que nous avons connu
hier. Je tiens à ce propos à saluer la
constitution, la semaine dernière à Paris,
sous les auspices du ministère de l'Outremer, du
Comité pour la mémoire de l'esclavage, que
préside l'écrivain Maryse Condé.
II. Un bain médiatique unique
La nouveauté des dernières décennies,
c'est la mise en réseaux des infrastructures de communication
pour la diffusion des informations. L'élément
nouveau, qui bouleverse notre univers de pensée,
c'est la conscience désormais universelle et instantanée
des processus de mondialisation économique, et de
leurs conséquences. Ainsi la maîtrise de la
mondialisation de l'exploitation des ressources énergétiques
se traduit par une compréhension à peu près
universelle des objectifs de l'administration américaine
en termes géopolitiques : de nombreux commentateurs,
dans tous les pays du monde, ont expliqué la visée
stratégique du conflit irakien en le reliant à
la nécessité pour les Etats-Unis de s'assurer
un contrôle des exportations pétrolières
de cette zone.
La mondialisation médiatique, comme la mondialisation
économique jusque là, n'est pas un phénomène
dont il soit possible de s'extraire. Il n'est pas possible
d'arrêter une technologie, d'empêcher les satellites
d'émettre, d'empêcher les ordinateurs de dialoguer.
C'est pourquoi je suis toujours circonspect face au concept
d'une " autre mondialisation " ou même d'une
" nouvelle mondialisation ". Ce bain médiatique
nouveau, nous y sommes plongés, et il a des effets
sur notre quotidien. Nous sommes désormais, que nous
le voulions ou non, les citoyens d'un même village.
Mais du coup, il n'est pas possible de gérer ce
village sans que nous puissions nous exprimer. Il n'est
pas possible de ne passer au cinéma du village qu'un
seul type d'uvres. Il n'est pas possible de pratiquer
un seul sport ou d'imposer un style unique. C'est cette
étape que nous avons à concevoir et à
mettre en place : comment faire en sorte que dans ce village
unique, chacun trouve sa place, dans des conditions équitables,
dans des conditions de justice et de respect mutuel. C'est
tout le rôle des médias.
Jusque là, la mondialisation médiatique a
été essentiellement le résultat de
mutations technologiques. Cette nouvelle mondialisation
a donc été réalisée avant d'être
pensée
Elle a été généralisée
avant d'être organisée. Il est temps de penser
à lui donner à la fois un sens et des règles.
Un sens : la capacité de communiquer en temps réel,
c'est la possibilité de partager des émotions,
mais aussi des réflexions, sans contrainte géographique
ni politique. C'est donc la possibilité offerte d'un
" vivre ensemble " à l'échelle de
la planète. Il y a lieu d'engager une réflexion
dans toutes les enceintes internationales dépendant
de l'Organisation des Nations Unies, pour concevoir les
modalités de ce " vivre ensemble ", aussi
bien sur le plan économique, sur le plan politique,
que sur le plan culturel.
Et le rôle des médias est plus que jamais
fondamental pour donner une expression à cette réflexion
collective. Car il ne s'agit pas désormais de mettre
en place des structures d'organisation nouvelles hors du
contrôle des peuples : ce que nous montre avec clarté
à la fois le mouvement " altermondialiste "
sur tous les continents et le durcissement des dérives
terroristes de la part d'individus qui rejettent le processus
de mondialisation et les valeurs qu'il semble imposer.
La mondialisation médiatique a des conséquences
en termes humains et politiques : la " Cité
" antique avait des bornes simples, et il était
possible d'y construire un débat transparent, ouvert.
Le monde d'aujourd'hui n'a plus de périmètre
qui puisse réduire la portée du débat.
Tout débat local met en jeu des principes où
l'humanité entière doit se reconnaître.
L'universalité des valeurs et des choix moraux est
pourtant loin d'être un fait. L'université
des cultures et des références n'est, elle-même,
pas souhaitable, tant que l'esprit humain est incapable
de maîtriser à la fois la subtilité,
y compris spirituelle, de toutes les cultures.
C'est dire que ce à quoi nous sommes confrontés
est proche du dilemme : souhaitons nous organiser cette
mondialisation médiatique de manière à
permettre une communication immédiate et facile entre
tous les hommes, dans leur diversité, il s'agirait
alors d'une mondialisation pacifiée
Mais culturellement
appauvrie, et peut-être demain plus violente
Ou bien souhaitons-nous trouver les voies d'une mondialisation
inspirée par le respect réciproque et le dialogue
? Je voudrais terminer cette intervention, très
courte, par quelques propos optimistes, et par l'expression
de ma confiance dans la possibilité pour nous d'organiser
la mondialisation médiatique de telle sorte qu'elle
soit d'abord une chance pour pérenniser, face aux
effets de la mondialisation économique, la diversité
culturelle et le respect mutuel des peuples.
J'ai bien conscience que ce discours peut paraître
exagérément optimiste, ou irréaliste,
au moment où la situation irakienne se dégrade,
au moment où des menaces terroristes sans équivalent
dans l'histoire se développent. Mais ce n'est pas
un paradoxe. Il arrive que le meilleur suive le pire : c'est
après les crimes inconcevables de la deuxième
guerre mondiale que les nations du monde entier ont conçu
le système des Nations unies. C'est après
le déchaînement actuel de violence auquel nous
assistons dans le monde que ce système pourra se
réformer pour instituer un nouveau modèle,
ouvert et tolérant, de régulation mondiale.
Pour ce qui concerne la mondialisation médiatique,
quelques éléments d'analyse permettent de
nourrir cet optimisme prudent.
III. Nouvelles communautés
La numérisation, contrairement à l'analyse
sommaire qui en est souvent faite, ne se traduit pas par
l'extension de la logique des médias de masse au
monde entier. En effet, la numérisation a pour première
conséquence la multiplication rapide des sources
et des canaux d'information. C'est-à-dire précisément
le contraire de la centralisation, de la simplification
de la communication qui caractérisaient les mass
médias décrits par Mac Luhan. Même s'il
est un peu tôt pour le dire avec certitude, il semble
bien que l'ère de l'information doive être
l'ère du reflux de la massification, celle de la
réapparition de la diversité humaine.
L'analyse habituelle des mass médias voyait dans
le public une sorte de masse docile, soumise à un
bombardement culturel et symbolique qui tendait à
unifier la société, à la coaliser autour
de messages communs. Nos analystes allaient dans le même
sens, avec une théorie du "lien social",
et de la télévision et de la radio comme lieux
de regroupement de la société autour de valeurs
partagées.
A quoi assiste-t-on depuis quinze ans, avec un effet d'accélération
depuis l'apparition, ces dernières années,
du numérique? D'abord la radio, puis la télévision,
ont explosé en offres diversifiées, adressées
chacune à des catégories de populations nettement
définies. La liberté de communication n'est
plus seulement un principe, mais un fait.
Les nouveaux médias s'adressent donc à un
public segmenté et différencié qui
peut être très nombreux, mais qui n'est plus
un public de masse, composé d'individus de tous types
recevant en même temps le même message. Alors
que les mass médias distribuaient à tous,
de manière homogène, les mêmes sons
et les mêmes images, la multiplication des messages,
des supports et des sources rend le public plus sélectif.
Chaque message s'adresse donc à un public ciblé,
et ce public ciblé ayant tendance à accroître
son niveau d'exigence particulière, on assiste à
une spécialisation croissante de chaque chaîne,
de chaque station
De plus, le public a appris à panacher les offres,
à composer lui-même son programme en empruntant
à toutes les chaînes et à toutes les
stations, au gré de ses préférences.
Ce panachage prend de plus en plus une dimension universelle.
Faut-il y voir le risque d'une dilution des différentes
cultures et des différentes traditions dans un même
ensemble indifférencié? Je veux y voir au
contraire une chance de survie et une nouvelle vitalité,
pour des traditions qui risquaient, à l'ère
des mass médias, d'être submergées par
les productions standardisées de groupes multinationaux
La culture du XXIe siècle sera plurielle, dialogique,
composite. Elle n'en sera pas moins profonde, pas moins
forte. On peut même penser qu'elle sera d'autant plus
féconde d'uvres durables qu'elle permettra
un métissage intellectuel réel parmi les créateurs.
Au sein de tous les groupes humains, de nouvelles logiques
communautaires sont à l'uvre, qui ne recoupent
pas forcément des limites géographiques ou
physiques. Chacune de ces logiques communautaires se constitue
une culture de références communes, et des
centres nerveux électroniques pour faciliter la communication.
Communications privilégiées, corpus culturel
partagé, et lieux de rencontres virtuels composent
progressivement des groupes humains disparates et dispersés,
sans cesse modifiés, et de moins en moins exclusifs
les uns des autres.
Ces identités peuvent être transversales aux
identités géographiques et locales. Comme
le disait Daniel Dayan, "Les médias identitaires
sont des instruments de survie pour des cultures menacées,
quand leur présence assure le maintien des liens
entre des groupes géographiquement dispersés
"
Pour autant, elles ne signifient pas forcément un
refus de l'intégration à de nouvelles communautés
Les sociologues ont bien montré que la constitution
d'une "culture de l'exil" serait aussi de passage
vers la société d'accueil.
Car la nouveauté essentielle de ces nouvelles
communautés virtuelles est de n'être pas totalement
contraignantes : elles n'existent qu'au terme d'un acte
d'adhésion volontaire, et toujours révocable,
au gré d'une envie, d'un désir de changement,
d'un changement d'état d'esprit. Les communautés
virtuelles sont également fragiles parce qu'elles
peuvent être factices, et transitoires. Elles n'offrent
pas une identité définitive, mais des définitions
instables de soi.
IV. Quelques règles de prudence
Toutefois, je voudrais terminer par quelques règles
de prudence à appliquer dans les années, voire
la décennie qui vient. Le bain médiatique
est un fait, notre capacité à éviter
qu'il devienne une soupe culturelle insipide et sans origine
existe
Mais dans la phase d'essor de la société
de communication, il est nécessaire de protéger
toutes les cultures qui ne disposent pas encore des moyens
de production suffisants pour profiter immédiatement
de l'accès aux nouveaux réseaux de communication.
Et il est nécessaire de les prémunir contre
deux pièges qui leur sont tendus : le libre-échangisme
intégral et la théorie juridique de la convergence.
Ces deux pièges ont un point commun : ils
feraient tous deux disparaître toutes les barrières
qui protègent les industries et les pratiques culturelles.
- Le premier piège, celui du libre-échangisme
intégral, apparaît subrepticement à
travers les négociations sur le commerce international
et sur l'investissement transnational
Chaque pays
doit être libre de favoriser sa production nationale,
par des subventions ou des mécanismes de redistribution,
afin de promouvoir sa culture et de renforcer sa présence
sur les réseaux de communication.
C'est particulièrement le cas des pays du Sud,
qui n'ont pas les moyens de s'opposer à la concurrence
commerciale des productions des pays développés.
Les pays du Sud ne doivent pas faire l'objet d'un chantage
qui consisterait à les désarmer face aux productions
culturelles dominantes, en faisant de cette libéralisation
intégrale la condition préalable aux investissements
internationaux sur leur territoire. Notre responsabilité
est aussi de les protéger contre un tel chantage
dont certaines enceintes internationales pourraient être
le laboratoire, à commencer par l'OCDE, qui ne regroupe
que les représentants des pays les plus riches.
Il est en revanche parfaitement acceptable de voir se constituer
des entités géographiques nouvelles, par bassin,
par continent, par grande zone socio-culturelle, comme l'océan
Indien ou le Bassin méditerranéen, au sein
du quel des dispositifs d'échanges culturels et médiatiques
puissent se mettre en place afin de renforcer les identités
communes
- Un mot aussi sur le piège de la "convergence"
Qu'est ce que la convergence? C'est le fait qu'une même
technologie, le numérique, soit utilisée pour
des usages différents : télévision,
téléphone, ordinateur. On parle maintenant,
pour être à la page, de " triple play
", une même prise jouant trois jeux à
la fois.
Des esprits trop rapides en ont donc conclu que cela devait
nous conduire à adopter les mêmes principes
juridiques pour tous les usages possibles de cette technologie,
donc à la fois pour le téléphone, l'audiovisuel,
les réseaux informatiques et Internet. Or, de même
que ce n'est pas parce que tous les pays du monde forment
un seul marché qu'ils ont nécessairement tous
la même culture, de même ce n'est pas parce
qu'une même technologie est utilisée pour plusieurs
usages différents, qu'il faut tous les réglementer
de la même manière.
On utilise l'électricité pour les lampes,
les rasoirs et les cuisinières, et pourtant les réglements
sont différents pour chacun de ces usages. De
même les différentes applications de la technologie
numérique, téléphone, audiovisuel,
informatique, doivent être encadrées par des
réglementations différentes, car leurs enjeux
et les risques qu'elles comportent sont différents.
Ce serait absurde
Et pourtant, vous entendez parler
de la nécessaire "uniformisation réglementaire"
qui doit accompagner la "convergence numérique".
C'est le syllogisme de la convergence. Socrate est un
homme, les hommes sont des animaux, les animaux sont bêtes,
donc Socrate est bête. C'est ce qu'il fallait
démontrer. Et pourtant Socrate est loin d'être
idiot, et la télévision n'est pas aussi simple
qu'un coup de téléphone
Les Etats doivent pouvoir continuer à réglementer
les contenus des services audiovisuels, à interdire
l'exposition à certains horaires de programmes qui
pourraient choquer ou perturber les enfants, à surveiller
le pluralisme à la télévision et sur
les radios
En fonction des besoins de chaque société,
et dans l'intérêt du public lui-même.
Une telle action ne constitue pas une entrave à la
liberté de la communication, qui reste fondamentale.
Elle constitue au contraire l'organisation nécessaire
de cette liberté et sa préservation contre
des dérives qui conduiraient à la limiter.
Conclusion
Il n'y a donc pas contradiction, à terme, entre
l'inévitable mondialisation et l'affirmation des
cultures à travers des médias ouverts.
A condition que dans les années qui viennent, toutes
les cultures, dans leur diversité, investissent largement
les nouveaux réseaux, en s'opposant à la colonisation
de ces nouveaux espaces médiatiques par une seule
langue et une seule inspiration.
Nous pouvons trouver dans la culture la meilleure arme
contre l'exclusion d'autrui et l'intolérance.
Au moment où tous les hommes peuvent enfin communiquer,
la culture doit être un élément positif
de l'ouverture, et du respect des autres, non pas un repliement
frileux sur soi. La société du refus et de
la clôture sera à brève échéance
une société morte.
Dans ce nouvel espace à la fois économique
et moral où nous nous situons désormais, nous
devons rester inspirés par des valeurs universelles,
qui s'appliquent à tous les hommes. Face aux tentations
de repli, prenons garde à ne pas y renoncer, au moment
où elles sont les plus nécessaires pour nous
définir nous mêmes et donner à chacun
sa place dans le monde de demain. Un monde qui sera plus
riche "de nos mutuelles différences".
Hervé BOURGES
président de l'UPF