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LITTERATURE DU CONGO

Ecrivains congolais
Henri Lopes, écrivain diplomate

"Congo", poème de Léopold Senghor

ECRIVAINS CONGOLAIS

Sylvain Bemba (Martial Malinda, Michel Belvain) (1934-1995).
Ted Biniakounou.
Emmanucl Boundzeki Dongala (1941).
Sony LabouTansi (l947-1995).
Antoine Letembet-Ambdy (1929).
Henri Lopès (1937).
Jean-Pierre Makouta Mboukou (1929).
Jean Malonga (1907-1985).
Léopold-Pindy Mamonsono.
Guy Menga (1935).
Dominique M'Foudou (1942).
Ferdinand Mouangassa (I934-1974).
Maxime N'Debeka (1944).
Dominique Ngoie Ngalla (1943).
Eugène Ngoma (1945).
Placide Nzala-Backa (1932-1987).
Bonard Nziengue.
Théophae Obenga (1936).
Lucien Samba-Kifwani (1951).
Yves Sianard.
Martial Sinda (1935).
J.-B. Tati Loutard (1938).
Tchicaya U'Tamsi (1931-88).
Tchicaya Uti B'Kone.
François Tchichelle Tchivela (1940).
Marie-Léontine Tsibinda.
Zounga-Bongolo.

HENRI LOPES, ECRIVAIN DIPLOMATE
Ambassadeur de la République du Congo à Paris depuis le 26 octobre 1998.
Ancien Premier ministre.
Membre du Haut Conseil de la francophonie. Membre du Conseil supérieur de la langue française.

Né le 12 septembre1937 à Léopoldville (Congo Belge), aujourd'hui Kinshasa capitale de la République démocratique du Congo (ex-Zaïre).
Ecoles primaires à Brazzaville et à Bangui.
En France 1949-1965. Etudes secondaires à Nantes puis à Paris. Licencié es-lettres (1962), diplômé d'histoirede la Faculté des lettres et sciences humaines de Paris-Sorbonne (1963). Membre du Comité exécutif de la Fédération des Etudiants d'Afrique Noire en France et président de l'Association des étudiants congolais (1957-1965).
Professeur dans la région parisienne.

Retour au Congo en 1965. Professeur d'histoire à l'Ecole normale supérieure d'Afrique Centrale à Brazzaville (1965-66). Directeur général de l'Enseignement du Congo (1966-68).
Ministre de l'éducation nationale (1969-71), ministre des affaires étrangères (1972).
Premier ministre de la République Populaire du Congo (août 1973-février 1975), IVème constitution, sous la présidence du commandant Marian Ngouabi. Ministre des Finances (1977-80).

Sous-directeur général à l'UNESCO pour les prograinmes généraux et le soutien du programme (1982-85), pour la culture et la communication (1986-90), pour la culture et la communication (1990).
Directeur général-adjoint de l'Afrique à l'UNESCO (1996-1998).

Oeuvres : nombreux articles nouvelles et poèmes. Auteur des paroles de l'hymne national de la République populaire du Congo. Publications : «Tribaliques» 1971, Grand prix de la littérature d'Afrique noire (1972) , «La Nouvelle Romance»1976, «Sans tam-tam» 1977, «Le Pleurer-rire» 1982, Prix Alioune Diop de la littérature (1973), «Le Chercheur d'Afrique» 1990, Grand prix Jules verne de l'Académie de Bretagne et des Pays de la Loire, Grand Prix de la littérature d'Afrique noire, «Sur l'autre rive» 1992, «Le Lys et le flamboyant» 1997. Ouvrages collectifs : «Apprendre à être» sous la direction d'Edgar Faure1972. «Enfances d'ailleurs» 1993. Anthologies poétiques : «Nouvelle somme de poésie noire» Présence africaine, 1985, Anthologie de littérature congolaise, par Jean-Baptiste Tati-Loutard.

Décorations : Comrnandeur dans l'Ordre national du Congo. Chevalier de la Légion d'honneur (1998). Chevalier dans l'Ordre national du Québec (1998). Commandeur dans l'Ordre national du Tchad, Grand officier dans l'Ordre national du Sénégal (1975), Grand croix dans l'Ordre national de Guinée équatoriale.
Distinctions : Grand Prix de la Francophonie de l'Académie française (1993). Docteur honoris causa de l'Université de Paris XII-Val de Marne (1993). Médaille des francophones d'Amérique (Québec) 1991. Ordre du Président de la République du Guatemala (1993). Homme de lettre africain de l'année 1993, jury présidé par le Président du Sénégal Abdou Diouf.

Membre du jury du Prix "Tropiques", des "Dix mots de la Francophonie", du prix des "Cinq continents de la Francophonie" (créé en 2001),

POEME DE LEOPOLD SEDAR SENGHOR
extrait du recueil "Ethiopiques"

CONGO
pour trois kôras et un balafon

Oho ! Congo oho ! Pour rythmer ton nom grand sur les eaux sur les fleuves sur toute mémoire
Que j'émeuve la voix des kôras Koyaté ! L'encre du scribe est sans mémoire.

Oho ! Congo couchée dans ton lit de forêts, reine sur l'Afrique domptée
Que les phallus des monts portent haut ton pavillon
Car tu es femme par ma tête par ma langue, car tu es femme par mon ventre
Mère de toutes choses qui ont narines, des crocodiles des hippopotames
Larnantins iguanes poissons oiseaux, mère des crues nour-rice des moissons.
Femme grande ! eau tant ouverte à la rame et à l'étrave des pirogues
Ma Saô mon amante aux cuisses furieuses, aux longs bras de nénuphars calmes
Femme précieuse d'ouzougou, corps d'huile imputrescible à la peau de nuit diamantine.

Toi calme Déesse au sourire étale sur l'élan vertigineux de ton sang
O toi l'Impaludée de ton lignage, délivre-rnoi de la surrection de mon sang.
Tamtam toi toi tamtam des bonds de la panthère, de la stratégie des fourmis
Des haines visqueuses au jour troisième surgies du potopoto des marais
Hâ ! sur toute chose, du sol spongieux et des chants savonneux de l'Honune-blanc
Mais délivre-moi de la nuit sans joie, et guette le silence des forêts.
Donc que je sois le fût splendide et le bond de vingt-six coudées
Dans l'alizé, sois la fuite de la pirogue sur l'élan lisse de ton ventre.
Clairières de ton sein îles d'amour, coffines d'ambre et de gongo
Tanns d'enfance tanns de joal, et ceux de Dyilôr en Sep- ternbre
Nuits d'Ermenonville en Automne - il avait fait trop beau trop doux.
Fleurs sereines de tes cheveux, pétales si blancs de ta bouche
Surtout les doux propos à la néoménie, jusques à la minuit du sang.
Délivre-moi de la nuit de mon sang, car guette le silence des forêts.

Mon amante à mon flanc, dont l'huile fait docile mes mains mon âme
Ma force s'érige dans l'abandon, mon honneur dans la soumission
Et ma science dans l'instinct de ton rythme. Noue son élan le coryphée
A Ia proue de son sexe, comme le fier chasseur de lamantins.
Rythmez clochettes rythmez langues rythmez rames la danse du Maître des rames.
Ah ! elle est digne, sa pirogue, des choeurs triomphants de Fadyoutt
Et je clame deux fois deux mains de tam-tarns, quarante vierges à chanter ses gestes.
Rythmez la flèche rutilante, la griffe à midi du Soleil Rythmez, crécelles des cauris, les bruissements des Grandes Eaux
Et la mort sur la crête de l'exultation, à l'appel irrécusable du gouffre.

Mais la pirogue renaîtra par les nénuphars de l'écurne
Surnagera la douceur des bambous au matin transparent du monde.

Léopold Sédar Senghor
"Ethiopiques"