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UIJPLF
- Etats généraux de la presse francophone
Brazzaville, République du Congo, 26
- 27 - 28 juin

Discours prononcé
par M. Ali BERRO
au nom de la communauté libanaise du Congo
Soirée libanaise, Brazzaville,
Hôtel Olympic, le 27 juin 2001
Excellence Monsieur le ministre
Excellences Messieurs les ambassadeurs et chefs des missions
diplomatiques
Monsieur le président international de l'Union internationale
des journalistes et de la presse de langue française,
UIJPLF
Monsieur le président de la section locale de l'UIJPLF
Mesdames, Messieurs
La communauté libanaise est heureuse de vous accueillir
ce soir et nous sommes très honorés par votre
présence parmi nous. Nous nous associons à
la joie des frères congolais qui vous accueille sur
leur terre hospitalière : le Congo avec une petite
couche de fierté parce que leur capitale Brazzaville
à été choisie pour que les états
généraux de la presse francophone s'y tiennent
et cela pour la premère fois en Afrique.
Vous connaissez tous le rôle de la presse et le rôle
des médias qui sont comme il est courant de dire
aujourd'hui les fàiseurs d'opinion ou le 4ème
pouvoir. Cette presse qui informe, qui éclaircie
et qui rectifie le tir et à ce moment précis,
j'ai une pensée pour tous les journalistes qui ont
péri au cours de leurs missions et à ceux
qui ont été torturés ou humiliés
parce qu'ils défendaient la justice et la dignité
de l'homme. Et pour faire honneur à cette profession.
Je citerai cette réplique d'un journaliste français
à une haute personnalité que lui reprochait
sa mission lors de la guerre du Vietnam : « Vingt
journalistes sont morts pour couvrir cette guerre jusqu'aujourd'hui
; combien de personnes de votre rang sont-elles mortes ?
»
Hier lors de l'ouverture des états généraux,
combien étions-nous heureux quand Son excellence
Monsieur le Président de la République a confirmé,
ce que nous constations tous, la liberté de la presse,
et son attachement à la liberté d'expression
au Congo.
Permettez-moi de souligner que pour nous, notre pays le
Liban sans la liberté n'a pas de raison d'exister
et pour cette considération malgré les dures
épreuves et les événements douloureux,
la guerre qui nous a été imposée pendant
quinze ans, nous considérons comme le dit bien Jean-Jacques
Rousseau que « Renoncer a sa Liberté c'est
renoncer à sa qualité d'homme.»
Pour cela la presse a toujours été, et elle
est toujours libre et ce n'est pas sans raison que le Liban
a eu comme président un ancien journaliste francophone
en 1964.
Le Liban, ce jeune pays de 5.000 ans, comme on a l'habitude
de le dire. Pays de l'alphabet, phare de l'Orient, poumon
du monde arabe. Pays de rayonnement et de culture. C'est
pour ces raisons qu'un Libanais a fondé un journal
à Paris en 1858 et à New-York en 1892 et comme
vous le savez AI-Ahram, le plus grand quotidien égyptien
et la sixième maison d'édition au monde, a
été fondé comme plusieurs Journaux
par des compatriotes.
Cinquante ans avant qu'on mette le pied sur la lune un
grand poète avait dit : « S'il y avait un
chemin pour la lune, il y aurait parmi les premiers arrivants
deux hommes. L'un porte une caissette sur ses épaules
et l'autre porte un porte-plume et un encrier et ces deux
hommes seraient du Liban.»
Malheureusement pour nous cette prophétie ne s'est
pas réalisée.
C'est l'influence peut-être de l'ancienne Phénicie
sur notre comportement dans le commerce et la transmission
du savoir et qui explique aussi l'émigration d'une
grande partie de notre pays.
Mesdames, Messieurs,
Nous nous réjouissons d'être ensemble dans
ce petit espace francophone et surtout que le Xème
sommet de la francophonie se tienne à Bevrouth cette
année sur le thème du «Dialogue des
Cultures »
L'ONU aussi a décrété l'année
2001, année de dialogue des civilisations. Le dialogue
des cultures pourrait-il se faire sans une langue commune
? Cette langue française avec laquelle nous nous
exprimons ne constitue-t-elle pas un grand facteur de dialogue
?
Anatole France disait :
« La langue française est une femme et cette
femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie,
si touchante, si voluptueuse, si chaste, si noble, si familière,
si folle, si
sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est
jamais tenté de lui être infidèle.»
Cette femme qui est belle en français, elle est
belle dans toutes les langues. Dans tous les dialectes et
avec tous les accents. Ce qui est beau en français
est aussi beau dans les autres langues. Nous pouvons parler
le français et garder notre identité. Et si
un enfant congolais dans un petit village à 700km
de Brazzaville chante les vers de Verlaine ou de Rimbaud,
à mon sens, il garde son africanité, comme
l'a bien dit M. Bourges, le président international
de l'UIJPLF.
L'aspect culturel de la francophonie est le plus important
et par culture je comprends: la culture de la paix, de la
tolérance, du dialogue, de la compréhension
de l'autre. Cet autre qui est comme dit Khalil Gibran: «
l'autre n'est que toi-même avec un autre visage ».
Ou comme dit Emmanuel Mounier: « le plus court
chemin pour soi-même passe par l'autre ».
La culture c'est l'ensemble des valeurs nobles. Elle nous
apprend à vivre ensemble en harmonie et en paix et
à nous aimer dans la fraternité et l'égalité.
Avant de terminer, je voudrais transmettre à travers
les frères congolais ici présents nos remerciements
et notre gratitude au peuple congolais de nous avoir accueillis
et de nous avoir acceptés parmi eux. Et à
vous tous je vous transmets nos remerciements et les salutations
du Pays du cèdre.
Je termine en citant Lamartine: « Chacun est un
climat de son intelligence. Je suis concitoyen de toute
âme qui pense: La vérité c'est mon pays.»
Encore - Merci - Merci - Merci !
Ali BERRO,
au nom de la communauté libanaise
à Brazzaville, Hôtel Olympic, mercredi 27 juin
2001
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