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UPF
Union
internationale de la presse francophone
COMMUNIQUE
n° 339 du
18 juillet 2003
Voici
le texte de la lettre que le président
international de l'Union internationale
de la presse francophone (UPF) vient d'adresser
à tous les chefs d'État
et de gouvernement des pays francophones.
Paris,
le 15 juillet 2003
Les difficultés rencontrées
par des journalistes dans leur travail
quotidien au sein de plusieurs pays francophones,
nous conduisent à solliciter votre
attention. Dans un monde où l'information
est diffusée sans frontières,
il est essentiel de rappeler que ceux
qui la conçoivent doivent aussi
pouvoir circuler et s'exprimer librement.
Lorsque les ministres francophones de
la Justice se réunissent, ils traitent
de coopération judiciaire internationale
et des procédures d'instruction
pour les affaires qui concernent leurs
ressortissants respectifs. Récemment
encore, dix-neuf d'entre eux étaient
à Paris pour se concerter. Mais
évoquèrent-ils la situation
des journalistes et la liberté
de travail qui leur est accordée
?
De multiples atteintes sont portées,
au sein même du monde francophone,
à la liberté d'expression
: des journalistes y sont emprisonnés,
accusés, condamnés, empêchés
d'accomplir leur mission qui est tout
simplement d'informer, dans le respect
de la déontologie professionnelle.
L'Union internationale de la Presse francophone
a déjà appelé à
deux reprises à la disparition
universelle des peines d'emprisonnement
pour les délits de presse. J'ai
l'honneur d'attirer solennellement votre
attention sur cette demande que de nombreux
pays francophones ont déjà
satisfaite : elle constitue un objectif
majeur pour la f rancophonie dans son
ensemble.
La Francophonie, c'est aussi l'adhésion
à un système de valeurs
et à quelques principes fondamentaux,
parmi lesquels figurent la liberté
de la presse et de la communication, l'attachement
au développement de la démocratie,
le respect des droits de l'homme conçu
comme un citoyen responsable, avec ses
droits et ses devoirs.
La démarche francophone ne peut
pas être séparée d'une
authentique mise en pratique de ces principes
fondamentaux. Il faut avoir le courage
de mettre ses actes en conformité
avec ses références philosophiques
et tous les chefs d'Etat francophones
se doivent de peser dans le même
sens, pour que la Francophonie s'incarne
aussi dans une exigence démocratique
respectueuse des droits et des devoirs
de la personne humaine.
Ainsi c'est d'une seule voix que la Francophonie
doit pouvoir condamner ses propres membres
lorsqu'ils attaquent la liberté
de la presse. Et il serait faux de considérer
que l'Organisation internationale de la
Francophonie est sans moyens de pression
: elle peut, à l'instar des Nations
Unies, suspendre certains programmes ou
refuser son aide, lorsque des pays contreviennent
régulièrement à ses
principes.
La liberté de la presse et de
la communication est au coeur des combats
à livrer pour que le monde de demain
soit tel que nous le souhaitons : ouvert
à la diversité culturelle
et à la pluralité des héritages
de l'humanité. C'est pourquoi notre
Union internationale de la Presse francophone
engage à nouveau aujourd'hui l'ensemble
des chefs d'Etat francophones à
placer la protection de cette liberté
fondamentale en tête des résolutions
de leur prochain Sommet.
En souhaitant que vous vous en fassiez
vous-même personnellement l'interprète,
je vous prie d'agréer, Monsieur
le Président de la République,
l'expression de notre haute considération.
Hervé Bourges
Président international de l'UPF
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