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Appel
aux autorités nigériennes
en vue de la libération des journalistes
incarcérés
Le
président du comité international
de l'UPF
Alfred Dan Moussa
Abidjan,
le 29 décembre 2007
-
Moussa Kaka, journaliste nigérien,
correspondant de RFI à Niamey,
- Ibrahim Manza Diallo, journaliste
nigérien, directeur de publication
d'Aïr Info,
séjournent dans des prisons nigériennes.
Le premier, depuis trois mois. Le second,
depuis deux mois. Ils sont accusés
d'être de connivence avec la rébellion
nigérienne établie au nord
du Niger.
Deux envoyés spéciaux, de
la chaîne franco-allemande ARTE,
ont été, eux aussi, arrêtés
en décembre 2007 et incarcérés,
toujours au Niger. Il s'agit de nos confrères:
- Pierre Creisson, journaliste,
- Thomas Dandois, journaliste.
Il leur est reproché d'être
passé outre à la mesure
d'interdiction de se rendre au nord du
Niger.
Préoccupée
par cette situation, qui cristallise toutes
les attentions et se prolonge fort malheureusement,
l'Union internationale de la presse francophone,
UPF, voudrait inviter les pouvoirs publics
nigériens à une meilleure
appréciation des faits. Leur mission
de protection des personnes physiques
et morales résidant ou séjournant
sur le territoire national, de défense
du statut d'Etat de droit que revendique
tout pays, ne saurait s'accommoder de
l'emprisonnement de journalistes dont
la mission première est de se battre,
quotidiennement, au nom du devoir d'informer
et du droit du public à l'information.
Après avoir donné de lui,
par le passé, l'image d'un Etat
soucieux de circonscrire les dérapages
langagiers et de maîtriser le débat
démocratique, le Niger gagnerait
à demeurer proche de cette préoccupation,
en s'en remettant, chaque fois que nécessaire,
- aux instances de régulation des
médias,
- aux instances d'autorégulation,
- aux médiateurs des entreprises
de presse.
L'une des missions essentielles de ces
structures est de veiller à la
bonne pratique du journalisme, dans tout
l'espace francophone mondial. Il leur
revient donc de favoriser et d'entretenir
le débat contradictoire et la critique,
dans le respect des institutions républicaines,
avec élégance et mesure,
avec pondération et modération.
Elles procèdent, le cas échéant,
au règlement, à l'amiable,
de tout conflit entre les médias
et consommateurs de l'information.
Dans sa marche vers l'instauration et
le renforcement du jeu démocratique
et de la liberté d'expression,
le Niger doit s'interdire les menaces
visant les médias et les agressions
contre ceux qui les animent : les journalistes.
Et, encore moins des emprisonnements de
professionnels de l'information.
Considérant
que tout journaliste professionnel est
à la recherche permanente de l'information,
en temps de paix comme en temps de guerre,
souvent au risque de sa vie;
Considérant que la collecte de
l'information doit être assortie
de la vérification de celle-ci
et suppose la diversification et la confrontation
des sources ;
Considérant que l'exercice du journalisme
repose sur la possession d'un bon carnet
d'adresses, sans que celles-ci ne renvoient
forcément à des relations
amicales ou parentales ou à agir
de connivence avec qui que ce soit ;
Considérant que le pouvoir et les
médias peuvent (et doivent !) cohabiter
sans forcément partager les mêmes
points de vue ;
Considérant que toute critique,
par voie de presse, ne cache pas forcément
une opposition politique;
Considérant que toute sanction,
même justifiée, ne réside
ni dans la durée ni dans le nombre
de personnes concernées ;
Considérant les résolutions
de ses 39ème Assises d'Abidjan,
de Bouaké et de Yamoussoukro ;
l'Union internationale de la presse francophone,
UPF, invite le Président de la
République du Niger à user
de son pouvoir discrétionnaire
pour faire accélérer les
procédures judiciaires et déboucher
- elle le souhaite et l'espère
- sur la libération, dans la mouvance
du nouvel an 2008, des quatre journalistes
incarcérés.
L'Union internationale de la presse francophone,
UPF, demande aux journalistes d'exercer
leur métier dans le respect scrupuleux
de l'éthique, de la déontologie
et des règles et lois en vigueur
dans les pays où ils sont amenés
à exercer leur métier.
L'Union internationale de la presse francophone,
UPF, en appelle à la confraternité
et à la solidarité renouvelées
de toutes les organisations professionnelles
des journalistes et des médias,
pour faire en sorte que les procédures
en cours débouchent sur la relaxe
pure et simple de nos confrères
privés de liberté.
L'Union internationale de la presse francophone,
UPF, se réjouit de ce que Gwenlaouen
Le Gouil, caméraman à la
chaîne franco-allemande ARTE, ait,
lui, recouvré la liberté
le 24 décembre 2007, après
huit jours de détention par ses
ravisseurs, en Somalie.
Fait,
le 29 décembre 2007
Le président
du comité international
Alfred Dan Moussa
(225) 05 05 11 47 - dangbeu@yahoo.fr
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