|
Ordre
des journalistes de Madagascar (OJM)
Communiqué
du 23
février 2002
La situation politique à Madagascar
est très préoccupante. Dans
ce contexte, le conseil de lOrdre
des Journalistes de Madagascar (OJM),
organe national représentant la
corporation, craint:
- que la promulgation au pays de létat
de nécessité nationale du
22 février 2002 constitue une menace
à la liberté de la presse;
- que dans une situation dexception
: tous les reportages et émissions
restent sous contrôle du ministère
; les informations dont la diffusion devait
faire lobjet dune sanction
entraînent de fait un risque de
désinformation ;
- que la confidentialité de communication
et de la correspondance entre les journalistes
et leur source risque de ne plus être
assurée.
LOJM exige à cet effet que
les autorités étatiques
précisent clairement les critères
de définition des « informations
portant atteinte à lordre
public ».
Ainsi, lOrdre des Journalistes
de Madagascar :
- considère que la recherche de
la paix sociale au pays, fût-elle,
légitime et/ou légale ne
doit pas conduire les responsables étatiques
à quelque niveau quils soient
à remettre en cause la liberté
de la presse, un principe universellement
reconnu par la Convention sur les droits
de lhomme ;
- constate que cette mesure restrictive
est une nouvelle forme de rétablissement
de la censure, abolie depuis 1989, une
violation flagrante de la Constitution
;
- lance un appel à la communauté
internationale pour qu'elle conditionne
le respect de la liberté d'expression
en tant quun élément
clé de toute négociation
d'aide politique et de développement.
En conséquence, lOJM souligne
que seule la mise en place d'un environnement
médiatique fondé sur le
respect de la liberté d'expression
constitue, dans la situation de crise
actuelle, un préalable essentiel
à la paix, à la stabilité
et à la démocratie dans
le pays.
En dernier ressort, lOJM condamne
toutes formes de violence perpétrées
sur les journalistes qui doivent pouvoir
exercer librement leur mission. Le public
a le droit dêtre informé,
et seuls des journalistes libres de tout
entrave peuvent honorer cette exigence
fondamentale.
Le Président
James RAMAROSAONA
Antananarivo, samedi 23
février 2002
Autres
communiqués
|