MALI
CODE DE DÉONTOLOGIE
du journalisme malien
Bamako, décembre 1991
L'ensemble des journalistes et techniciens de la
communication du Mali, réuni à l'occasion des Journées
nationales de l'information et de la communication tenue du
19 au 24 décembre 1991 à Bamako avec leurs confrères
du Sénégal, du Bénin, du Burkina Faso, de
la Côte d'Ivoire, du Niger ; avec la participation et le
soutien de l'ACCT, du CRDI, de l'Institut Panos, de l'UJAO et
de l'UNESCO
- Considérant leur engagement à défendre
les libertés constitutionnellement garanties,
- Considérant le rôle qui est le leur dans la réussite
du processus démocratique au Mali,
- Considérant les nécessités d'une mutation
du cadre juridique et réglementaire de leur profession,
- Considérant leur devoir de solidarité avec l'ensemble
des peuples en lutte pour la liberté et la démocratie,
adopte la déclaration dont la teneur suit :
Préambule
Nous journalistes et techniciens de la communication
déclarons que le droit à l'information plurielle,
à la libre expression et à la critique est une des
libertés fondamentales de tout être humain.
- La défense et la libre jouissance de ce
droit sont un impératif duquel procède un ensemble
de devoirs et droits qui constitue autant un code moral de conduite
qu'un cadre de référence pour l'Etat, les journalistes
et techniciens de la communication et les tiers dans l'appréciation
de leurs relations dans l'espace de la communication ;
- La responsabilité des journalistes et techniciens
de la communication vis-à-vis du public prime toute autre
responsabilité, en particulier à l'égard
de leurs employeurs et des pouvoirs publics ;
- La mission du journaliste et du technicien de
la communication, eu égard au respect de la liberté
de presse et du droit à l'information du public, comporte
des exigences et des limites que s'imposent les journalistes et
techniciens de la communication eux-mêmes, conformément
à leur éthique professionnelle, leur déontologie
;
L'expérience de la profession de journaliste
revêt un enjeu social évident et c'est pourquoi il
importe que cette déclaration soit traduite dans les faits
;
Il est, ce faisant, notoire que l'esprit d'engagement,
la loyauté et l'intégrité du journaliste
et du technicien de la communication qui doivent prévaloir
dans l'exercice de leur profession tiennent au respect de leur
indépendance et de leur dignité professionnelle
: l'esprit de ces droits et devoirs est consacré par la
présente déclaration.
Des devoirs du journaliste
1. Dans sa mission de communication, le journaliste
est tenu au respect de la vérité quelles qu'en puissent
être les conséquences pour lui et ce en fonction
du droit que le public a de connaître la vérité.
2. Le journaliste doit publier uniquement
des informations vérifiées. Dans le cas contraire
les accompagner des réserves qui s'imposent. Il doit rectifier
toute information publiée qui se révèle inexacte.
3. Le journaliste respecte la vie privée
de l'individu tant qu'elle n'interfère pas avec les intérêts
publics.
4. Le journaliste s'interdit le plagiat,
la calomnie, la médisance, la diffamation et les accusations
sans fondement.
5. Le journaliste garde, le secret professionnel
et ne divulgue pas la source des informations obtenues confidentiellement.
6. Le journaliste en toute circonstance,
fait preuve d'intégrité en s'interdisant toute forme
de rémunération illicite directe ou indirecte. Il
doit refuser tout avantage lié à la publication
ou à la suppression d'une information.
7. Le journaliste doit renoncer à
une représentation de la violence et la brutalité
à des fins sensationnelles.
8. Le journaliste ne doit pas citer les noms
des mineurs délinquants, il doit aussi éviter d'identifier
leur photo afin de préserver leur avenir.
9. Le journaliste refuse toute pression et
n'accepte de directives rédactionnelles que des responsables
de sa rédaction.
10. Le journaliste ne doit jamais confondre
sa mission avec celle de policier ou de propagandiste. Il ne peut
accepter aucune consigne directe ou indirecte des annonceurs.
11. Le journaliste ne doit pas user des méthodes
déloyales ou répréhensibles pour obtenir
des informations, photographies ou documents.
12. Tout journaliste prend la responsabilité
de ses écrits mêmes anonymes.
13. Le journaliste doit s'interdire tout
détournement de documents imprimés ou audiovisuels
dont les droits de diffusion et de distribution sont réservés.
Avec le concours de ta Fondation Friedrich Ebert
Des droits du journaliste
1. Le journaliste a droit, dans l'exercice
de ses fonctions, au libre accès à toutes les sources
d'information et d'enquête sur tous les faits de la vie
publique. Le secret des affaires publiques ou privées ne
peut en ce cas être opposé au journaliste que par
exception et en vertu de motifs clairement exprimés.
2. Le journaliste a le droit de refuser toute
subordination contraire à la ligne générale
de son entreprise telle qu'elle est déterminée par
écrit dans son contrat d'engagement, de même que
toute subordination qui ne serait pas clairement exprimée
par cette ligne générale.
3. Le journaliste ne peut être contraint
d'accomplir un acte professionnel ou d'exprimer une opinion qui
serait contraire à sa conviction ou à sa conscience.
4. Le journaliste a droit sur toute l'étendue
du territoire national et ce, sans condition ni restriction à
la sécurité de sa personne, à la protection
légale et à la sauvegarde de sa dignité.
5. L'équipe rédactionnelle
doit être obligatoirement informée de toute décision
importante de nature à affecter la vie de l'entreprise.
6. Le journaliste a le droit de faire suffisamment
preuve de compétence pour analyser ou commenter un événement
de portée locale, nationale ou internationale, sans toutefois
être tenu pour responsable des propos avancés par
son interlocuteur et rapportés textuellement.