AFRIQUE - UPF
Séminaire
international sur l'information judiciaire
organisé par la section burkinabé de l'Union internationale des
journalistes et de la presse de langue française (UIJPLF)
à Ouagadougou (Burkina Faso)
22, 23 et 24 février 2000
Média
et justice
Synthèse des travaux, le 24 février 2000
par Edouard Ouédraogo
président de la section Burkina de l'UIJPLF
Le
séminaire international sur le thème "Média et justice"
organisé par l'UIJPLF s'est déroulé du 22 au 24 février 2000 à
l'Hôtel Indépendance de Ouagadougou, sous le parrainage des ambassadeurs
de France et du Canada et avec l'appui de l'Agence intergouvernementale
de la Francophonie (AIF). Il a réuni des participants venus du
Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, du Mali, du Niger, du Sénégal
et du Togo et de représentants du comité international de l'UIJPLF.
La
cérémonie d'ouverture a été marquée par trois allocutions.
Dans
son mot de bienvenue, le président de la section UIJPLF/Burkina,
M. Edouard Ouédraogo, a remercié les autorités politiques du Burkina
Faso pour leur intérêt manifesté au Séminaire et les ambassades
de France et du Canada pour avoir accepté de la parrainer.
M.
Georges Gros, secrétaire général international de l'UIJPLF, a
quant à lui, situé le contexte de l'organisation du séminaire
et annoncé que des initiatives de même genre sont projetées dans
d'autres régions d'Afrique et du monde.
Le
ministre burkinabé de la justice, Garde des Sceaux, M. Boureima
Badini, dans l'allocution d'ouverture du séminaire, a félicité
ses initiateurs. Il a aussi annoncé des réformes à venir dans
le système judiciaire du Burkina Faso en vue de créer les conditions
de meilleurs rapports de travail entre les média et la justice.
*
Les
travaux du séminaire se sont déroulés sous forme de conférences
suivies de débats. Les séminaristes ont engagé des réflexions
sur huit communications sur les thèmes suivants :
-
"Média et justice", exposé par M. Philippe Bilger, responsable
de la délégation juridique de l'UIJPLF.
-
"La justice et ses institutions", par Mme Amina Ouédraogo,
vice-présidente de la Cour suprême du Burkina Faso.
-
"La présomption d'innocence", par M. Edouard Ouédraogo,
enseignant à la Faculté de droit et de sciences politiques de
l'Université de Ouagadougou.
-
"Les droits de la défense", par Maître Harouna Sawadogo,
bâtonnier de l'Ordre des avocats du Burkina.
-
"La compétence universelle" par M. Vincent Zakané, enseignant
à la Faculté de droit et de sciences politiques de l'Université
de Ouagadougou.
-
"La liberté de la presse et le secret de l'instruction",
par M. Badou Emile Toé, président de la Chambre judiciaire de
la Cour suprême.
-
"Les délits de presse", par M. Seydou Dramé, journaliste,
spécialiste du droit de la presse.
-
"L'autorégulation", par M. Mathieu Bouah Bilé, juriste,
membre de l'Observatoire de la liberté de la presse, de l'éthique
et de la déontologie de Côte d'Ivoire.
Tous
ces exposés ont vivement intéressé les séminaristes, à en juger
par la participation massive aux débats.
*
De
ces débats, on peut tirer deux enseignements majeurs :
-
d'une part, les rapports traditionnels entre magistrats et journalistes
sont empreints de méfiance, chaque camp se retranchant derrière
les exigences de sa pratique professionnelle.
-
d'autre part, on a relevé un consensus sur la nécessité d'un véritable
dialogue entre ces deux catégories d'acteurs de la démocratie.
En
effet, l'originalité de ce séminaire a été, non seulement de favoriser
le dialogue entre l'institution judiciaire et les média, mais
aussi de mettre en évidence la nécessité d'une réciprocité des
droits et des devoirs, pour le plus grand bien de la démocratie.
Les
séminaristes ont relevé par ailleurs la nécessité d'une justice
indépendante, détachée de la tutelle politique, et d'une presse
compétente, honnête et responsable dans le traitement des dossiers
politico-judiciaires.
Aux
termes de ses travaux, le séminaire a adopté une résolution et
quatre recommandations.
Ouagadougou,
le 24 février 2000
Le séminaire
*
RESOLUTION
ET RECOMMANDATIONS
Au
terme des échanges très denses consacrés aux rapports de l'Institution
judiciaire avec les média, le séminaire a retenu la résolution
et les recommandations suivantes :
1
- Résolution
La
création d'une instance d'autorégulation au Burkina Faso et l'adoption
de la même démarche par les confrères des autres pays.
2
- Recommandations
1.
La suppression des peines effectives d'emprisonnement à l'encontre
des journalistes dans les pratiques judiciaires des Etats.
2.
La formation de journalistes spécialisés dans le traîtement de
l'information judiciaire.
3.
Une meilleure connaissance par les magistrats, du monde des média
et du droit de la presse.
4.
La multiplication des séminaires et des échanges entre l'Institution
judiciaire et les média, pour leur amélioration réciproque.
Ouagadougou,
le 24 février 2000
Le séminaire