Je suis particulièrement heureux de
l'occasion qui m'est donnée de saluer aujourd'hui un
homme dont le parcours est pleinement marqué par la
fidélité.
Une carrière professionnelle est en effet souvent faite
de choix, d'opportunités qui peuvent nous amener à
prendre des chemins divers, à expérimenter plusieurs
voies successivement ou même à la fois.
Vous avez au contraire construit la vôtre autour d'une
intention unique, celle d'uvrer au rayonnement de la
langue française à travers le monde.
Secrétaire général de l'Union culturelle
et technique française dès 1963, puis directeur,
depuis 1971, de la section française de l'Union internationale
des journalistes et de la presse de langue française
et secrétaire général international de
ce même organisme, vous êtes également
directeur de "La gazette de la presse francophone".
De la Tunisie au Canada, du Liban au Bénin, vous êtes
devenu un représentant exemplaire de la langue française,
faisant ainsi écho à ceux qui ont la conviction
que notre langue est le véhicule d'une certaine idée
de la liberté - et notamment de la liberté de
la presse -, d'une certaine façon d'appréhender
le monde.
Au moment où, sur l'impulsion du Président de
la République, s'ouvre le grand chantier qui conduira
à la naissance d'une chaîne d'information internationale
en français, principalement orientée vers l'Europe
bien sûr, mais aussi vers l'Afrique, le Moyen-Orient
et les Amériques, votre action mérite plus que
jamais d'être encouragée.
Senghor disait :
"Ma tâche est d'éveiller
mon peuple aux futurs flamboyants. Ma joie de créer
des images pour le nourrir."
La lumière flamboyante que transmet notre langue
aux peuples du monde a de nombreux porteurs. En vous, cher
Georges Gros, c'est l'un d'entre eux, l'un des plus fidèles
et des plus fervents, que j'ai souhaité honorer aujourd'hui.
Au nom de la République, je vous fais chevalier
dans l'Ordre des Arts et Lettres.