Lettre aux chefs d'Etat des 55 pays
membres
de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF)
"POUR UNE AMNISTIE GENERALE DES CONDAMNES
POUR DELITS DE PRESSE"
Paris,
jeudi 3 mai 2001
Hervé
Bourges
président
international de l'Union internationale
des journalistes et de la presse de langue française
Monsieur le Président
L'Union internationale des journalistes et de la presse de langue
française attire régulièrement votre attention
sur le sort de journalistes incarcérés pour des
«délits de presse». De telles mesures sont
contradictoires avec le principe de la liberté d'expression
; quels que soient les risques de dérapages, les journalistes
doivent pouvoir, remplir leur devoir d'informer en toute responsabilité,
sans intimidation, ni contrainte.
L'initiative de cette démarche
a été approuvée et reprise par de nombreux
organismes inspirés par le même souci de défense
des Droits de l'Homme.
Il est important de souligner que la déclaration de Bamako
du 3 novembre 2000 a vu tous ses signataires prendre l'engagement
immédiat de «veiller au respect effectif de la liberté
de la presse». Cette promesse solennelle ne peut pas rester
lettre morte, à la discrétion des Etats et des gouvernements.
Elle doit se traduire par des actes sans équivoque.
Le principe de liberté d'expression
doit seul inspirer la jurisprudence des tribunaux en matière
d'infractions de presse, et un large consensus doit permettre
d'exclure les peines d'emprisonnement de l'arsenal répressif
utilisé vis à vis des journalistes.
D'autre part, l'Union internationale
des journalistes et de la presse de langue française appelle
l'ensemble des chefs d'Etat qui seront réunis à
l'occasion du prochain Sommet de la Francophonie à Beyrouth,
à décider une amnistie générale pour
l'ensemble des condamnés pour délits de presse.
Une telle, mesure marquera avec éclat
l'importance que les chefs d'Etat et de gouvernement de la Francophonie
attachent à la liberté d'expression et de communication.
Veuillez agréer, Monsieur
le président, l'expression de notre très haute considération.
Hervé
Bourges
Président