Appel
aux chefs d'Etat des 52 pays membres
de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF)
Paris,
10 mars 1999
APPEL DE
L'UIJPLF,
Union internationale des journalistes et de la presse de langue
française
publié dans La Gazette de la presse francophone (n°
88, mars-avril 1999).
Appel
"pour que ne soient plus appliquées les peines de prison
ferme" adressé à l'ensemble des chefs dEtat
et de gouvernement francophones dans la perspective du 8ème
Sommet de la Francophonie (4-5 septembre 1999) à Moncton (Canada)
L'Union,
légitimement émue par la répétition d'atteintes graves à la liberté
de la presse, propose, au nom de la Francophonie, que soient
exclues de la pratique judiciaire des cinquante-deux Etats francophones,
les peines d'emprisonnement ferme à l'encontre des journalistes
et des responsables de presse écrite et audiovisuelle.
Cette exigence minimale, que la jurisprudence des pays démocratiques
respecte déjà, constituera, si elle est approuvée et acceptée
par tous, une double avancée positive.
Dune
part, elle mettra l'accent sur le caractère spécifique de la délinquance
de presse et sur l'impossibilité - sauf à nier la démocratie qu'on
prétendrait, en même temps, honorer - d'assimiler le délit de
presse à une infraction ordinaire, avec, parfois, les conséquences
répressives qui s'attachent à l'accomplissement de celle-ci.
D'autre part, favorisant le rapprochement de pratiques sur le
terrain judiciaire, elle évitera le durcissement et l'aggravation
de certaines conduites étatiques et gouvernementales plus excitées
que limitées par les interventions politiques.
La démarche
proposée par l'Union a pour but, avec empirisme et modestie, de
créer les conditions d'un accord sur cette élimination concrète
de l'emprisonnement pour les délits de presse. Elle pourrait
entraîner, par la suite, l'organisation d'Etats généraux francophones
qui verraient juristes et, politiques tenter de dégager la voie
pour un " Etat de droit " commun - un minimum éthique
et juridique -, comme il y a un minimum vital.