|
Lettre
au ministre de la justice du Cameroun
demandant la libération de Michel Pekoua
emprisonné depuis le 5 avril
Monsieur
Robert Mbella Mbappe
ministre de la justice, Garde des Sceaux
de la République du Cameroun
Paris,
le 11 avril 2000
Monsieur
le Ministre,
L'Union
internationale des journalistes et de la presse
de langue française (UIJPLF), organisation
internationale regroupant plus de 3.000 journalistes
à travers le monde, proteste contre l'emprisonnement
du journaliste Michel Pekoua, directeur de
publication du journal Ouest-Echos, condamné
à 6 mois de prison ferme pour diffamation.
Michel
Pekoua aurait, selon nos sources, publié un
mémorandum des employés de la société nationale
des hydrocarbures (SNH) dénonçant la gestion
de M. Adolphe Moudiki, directeur général
de cette entreprise.
L'UIJPLF
vous prie en votre qualité de ministre de
la justice, de faire libérer le journaliste
incarcéré par respect des articles 19 de la
Charte internationale des droits de l'homme
et 9 de la Charte africaine des droits de
l'homme et des peuples, signée par le Cameroun
et garantissant la liberté d'informer et d'être
informé.
Cette
condamnation est d'autant plus malheureuse
qu'elle intervient au lendemain de la signature
par le Premier ministre Peter Mafany du décret
d'application de la loi de 1990, libéralisant
l'exploitation des médias de l'audiovisuel
et après le Sommet de Moncton où la communauté
francophone s'est saisie du dossier de la
dépénalisation des peines de prison infligées
pour délit de presse aux journalistes.
Nous
pensons que le Cameroun ne saurait se distinguer
en allant à l'encontre du mouvement international.
Comptant
sur votre compréhension, je vous prie d'agréer,
Monsieur le ministre, l'expression de ma très
haute considération,
Samuel
Eleme
Délégué Presse d'Afrique
de l'UIJPLF
Copies
Organisation internationale
de la Francophonie
Unesco
Ministère français des Affaires étrangères
Ministère français délégué à la Coopération
Presse
|