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Lettre
au secrétaire général
de l'Organisation de l'unité africaine (OUA)
à l'occasion du sommet du 13 juillet 2000
à Lomé (Togo)
Monsieur
Salim Ahmed Salim
secrétaire général de l'OUA
Cité de l'OUA
LOMÉ
Paris,
le 4 juillet 2000
Monsieur
le Secrétaire général,
A
l'occasion de vos assises de Lomé, l'Union internationale
des journalistes et de la presse de langue française
(UIJPLF), organisation regroupant 3.000 journalistes
à travers le monde, attire votre attention sur la
violation, par des pays membres de votre organisation,
des articles 9 de la Charte africaine des Droits de
l'homme et des peuples et 19 de la Charte internationale
des Droits de l'homme, garantissant la liberté d'informer
et d'être informés.
En
effet, si l'on peut se satisfaire de l'évolution de
la liberté de la presse dans quelques pays dont le
Sénégal, le Bénin, le Mali et l'Afrique du Sud, force
est de constater que la quasi totalité des Etats africains,
signataires des articles mentionnés ci-dessus, ne
respectent pas la liberté de la presse, élément indispensable
à l'avènement de la démocratie.
A
l'aube du nouveau millénaire et à l'heure d'Internet,
les journalistes africains vivent encore les sévices
d'un autre âge, manifestés par la censure, la torture,
l'emprisonnement et, sanction suprême, l'assassinat.
Par
ces actes, disons-le, barbares, l'Afrique se démarque
de la communauté internationale qui depuis le sommet
de la Francophonie à Moncton, évolue vers la dépénalisation
des délits de presse.
La
France a donné un signal fort à cette nouvelle tendance
en modifiant sa loi de 1881 et en supprimant l'emprisonnement
des journalistes.
L'UIJPLF
souhaite qu'au cours de ce sommet, vous attiriez l'attention
des dirigeants africains sur la nécessité de modifier
leurs rapports avec les journalistes, trop souvent
considérés comme des hommes à abattre, en adaptant
les lois de leur pays à la position prise par les
Nations Unies pour la dépénalisation des délits de
presse.
L'UIJPLF
est persuadée qu'en optimisant le rôle de la presse
dans vos jeunes démocraties, elles n'iront que plus
rapidement vers le développement.
Comptant
sur votre compréhension, je vous prie d'agréer, Monsieur
le Secrétaire général, l'expression de ma très haute
considération.
Le
Délégué Presse d'Afrique
Samuel Elémé
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