Lauréats 1994 -
2002
SELECTION
PRESSE ECRITE
Prise de Tora Bora., décembre 2001.
Adrien JAULMES, Le Figaro
1. -Dernière bataille à
Tora Bora
« Attention ! Cachez-vous ! » Un mortier vient de
tirer depuis l'autre côté de la crête. L'entourage
de Hadji Zaman se disperse dans la pente caillouteuse, et s'accroupit
en attendant l'arrivée du coup. Vingt secondes plus tard,
une explosion retentit dans le ravin en contrebas.
Les volontaires islamiques de Ben Laden, retranchés dans
les hauteurs de Tora Bora (les Collines Noires) tiennent toujours.
Un de leurs mortiers vient de prendre pour cible l'état-major
de Hadji Zaman, l'un des chefs de guerre afghans de la région
de Jalalabad, venu inspecter les premières lignes. On se
relève. « Mais enfin qu'est-ce que vous faites ici
? » Hadji Zaman n'a pas l'air enchanté de voir des
journalistes dans les pierriers de Tora Bora. « Attention
! » Cette fois, c'est l'un des bombardiers américains
F-18, engagés hier pour la première fois au-dessus
de Tora Bora, qui passe dans un hurlement de réacteurs
au-dessus des positions des moudjahidin.
Beaucoup plus haut, les sillages blancs des B-52
continuent de rayer le ciel. Dans les bois de chênes-lièges
aux troncs foudroyés par leurs bombes, le sol est jonché
de branches brisées et des petites capsules à ailettes
qui accompagnent les projectiles antipersonnel.
Hadji Zaman et son escorte reprennent leur progression. On se
tord les pieds dans les éboulis pour éviter de se
profiler sur la crête. La cinquantaine grisonnante, le «
pakol » roulé en arrière sur la tête,
et le « patou », le châle de laine afghan, jeté
sur les épaules, Hadji Zaman, s'appuie sur un de ses gardes
dans les passages les plus délicats.
Nouveau départ de mortier. L'impact fait sursauter tout
le moinde. Un panache de fumée blanche s'élève
à une centaine de mètres à peine, l'emplacement
d'une précédente halte. Panique générale.
Les moudjahidin dévalent la pierraille en rigolant. «
Za ! Za ! » « Allez! Allez ! », crient-ils.
Sur le chemin en contrebas, les pick-ups chargés
de soldats manoeuvrent confusément en klaxonnant à
tout va. Un énorme char, vert comme un crapaud, ajoute
à la pagaille en pivotant dans la caillasse au milieu des
voitures. Hadji Zaman, lui, continue de pester. « Eh bien,
c'est réussi ! J'étais venu discrètement
me rendre compte de la situation. Je me fais tirer dessus, et
me voilà entouré de journalistes », tonne-t-il
en français, en riant à moitié. Exilé
pendant plusieurs années à Dijon, Hadji Zaman est
rentré en Afghanistan en pleine déroute des talibans.
Il est aujourd'hui à la tête des troupes qui tentent
d'investir le dernier réduit des « volontaires islamiques
» d'Oussama ben Laden, retranchés à Tora Bora.
« Nous avançons chaque jour un peu
plus », explique-t-il en montrant des emballages de munitions
empilés au pied d'un arbre. « Hier encore, ils étaient
là où nous nous trouvons aujourd'hui. » Pour
l'instant, « nous n'avons pas atteint de grottes, assure-t-il.
S'il y en a, elles sont sur l'autre versant. » Mais il ne
doute pas que Ben Laden soit encore à Tora Bora. «
Il est ici. Nos espions l'ont confirmé. Il a encore été
vu il y a deux ou trois jours. » Pourtant, la partie n'est
pas encore gagnée. Les combattants d'Al Qaida résistent
toujours, malgré le pilonnage quotidien de l'aviation américaine
et les attaques des moudjahidin.
« Ils sont très forts, très
déterminés. Je vous rappelle que ce sont ces gens
qui ont détruit le World Trade Center ! C'est à
cause d'eux que vous êtes ici, que nous sommes ici, et que
les Américains sont ici », dit-il en montrant du
doigt les avions blancs dans le ciel. A-t-il un moyen de guider
ces appareils vers leur cible ? « Nous communiquons, et
ils tiennent compte de nos indications. C'est tout ce que je peux
dire », tranche-t-il.
Contrairement à d'autres chefs moudjahidin,
Hadji Zaman ne multiplie pas les rodomontades. « Des problèmes
de munitions ? Bien sûr, nous avons des problèmes
de munitions. De véhicules, de carburant et de nourriture,
aussi : tout ça s'appelle la guerre, lâche-t-il.
C'est pour cela que je suis ici: pour me rendre compte de ce qui
est nécessaire pour continuer l'attaque. » Mais,
pour lui, l'issue ne fait pas de doute. Pour les moudjahidin non
plus d'ailleurs.
Scène de bataille classique, un petit groupe
de combattants poireaute derrière un muret, allongés
au soleil. « On est près de les avoir maintenant.
On attend juste les ordres pour avancer», expliquent-ils
en rigolant. Savent-ils que les talibans ont annoncé leur
reddition à Kandahar ? « Non. Mais vous savez, on
est assez occupés ici », répond Dari-Khan,
le chef de cette petite escouade « Mais si c'est vrai, alors
c'est ici la dernière bataille d'Afghanistan»
2. Guerre à l'afghane dans les collines
de Tora Bora
Guerre contre le terrorisme: Les marines font
mouvement sur Kandahar pour capturer le mollah Omar. L'aviation
américaine concentre ses bombardements sur le repaire présumé
du chef d'Al Qaida. Ebauche d'une force internationale dont la
Grande-Bretagne pourrait prendre la direction
Barbe noire comme une taupe, oeil de faucon et nez
en bec d'aigle, le commandant se penche pour chuchoter à
l'oreille d'Hadji Zaman. Il a besoin de vivres pour ses soldats.
Hadji Zaman lisse pensivement sa barbe grise. Puis il inscrit
une somme et quelques mots sur un morceau de papier qu'il date
et signe avec soin avant de le tendre au commandant.
Les arabesques compliquées de la signature
du chef sont identifiables par tous les moudjahidin, pour la plupart
complètement illettrés. Satisfait, le commandant
salue son chef par une accolade et se retire. Deux autres arrivent.
Assis sur un sommier de bois tendu de sangles multicolores,
Hadji Zaman, l'un. des principaux chefs afghans qui assiègent
depuis une semaine le réduit des « volontaires islamiques
» d'Oussama ben Laden au sud de Jalalabad, reçoit
ses subordonnés dans son « quartier général
» de campagne, une ferme située au pied des pentes
escarpées de Tora Bora.
Dans la cour ceinte de hauts murs de pisé,
plusieurs dizaines de « commandants» attendent de
pouvoir s'entretenir avec leur chef. Pas de grades ni de hiérarchie
apparente dans cette armée sans uniformes. Le chef d'une
petite escouade de quinze moudjahidin est un « commandant
», au même titre que celui qui en dirige mille. Les
relations personnelles de chacun cimentent entre elles ces bandes
moyenâgeuses.
Enroulés dans leurs couvertures, coiffés
du « pakol » de laine et la barbe épaisse,
ces officiers sans épaulettes se saluent joue contre joue
et se tiennent la main comme des écoliers, avant de deviser
pendant des heures, en égrenant leurs chapelets «
passe-temps », assis en cercle sur des tapis. Mais le jeûne
traditionnel du ramadan, qui s'achève dans quelques jours,
est strictement observé. On ne boit donc pas ces innombrables
tasses de thé vert qui accompagnent les palabres afghans.
A intervalles réguliers, les hommes interrompent
leurs discussions, et étalent leurs couvertures pour prier
gravement en direction de La Mecque, indifférents aux sillages
des B-52 américains qui strient le ciel céruléen.
Devant la ferme, une centaine de moudjahidin attendent
en grappes leurs ordres, kalachnikov sur l'épaule. D'autres
s'entassent déjà dans des.pick-up Toyota «
Hilux » hérissés de bouquets de canons et
de roquettes antichars aux formes étranges. De temps à
autre, les coups de canons et les explosions des bombes américaines
résonnent dans les ravins de la montagne toute proche.
Malgré ses airs de milice désorganisée,
cette armée étrange, forgée par dix années
de guérilla contre les Soviétiques, puis par autant
de guerre civile, a acquis un certain savoir-faire militaire.
Elle utilise astucieusement les matériels
modernes dont elle dispose. Les chefs braillent des ordres émaillés
de « Salam Aleikoum ! » dans leur talkie-walkie tenu
à bout de bras. Les pick-up transportent vers les premières
lignes les combattants et les munitions. Et une dizaine de tanks
soviétiques, vieux T-55 des années 60, et quelques
T-62 plus récents, servent d'artillerie mobile. Leurs équipages
ont parfois été entraînés dans l'année
communiste afghane, et ont depuis servi successivement différents
chefs moudjahidin, voire les talibans. « Je vais là
où va le char ! », explique avec un petit geste fataliste
un canonnier, coiffé d'un casque rembourré de tankiste
de l'ex-Armée rouge.
Mais si le progrès technique est rapidement
assimilé, la conception des opérations reste typiquement
afghane. Pas d'assaut frontal où de combats à haute
intensité. L'on n'avance que lorsque l'ennemi recule. Et
surtout l'on ne cesse jamais de faire de la politique. Entre deux
« commandants », Hadji Zaman reçoit longuement
les anciens aux barbes grises qui sont allées négocier
en vain avec les défenseurs de Tora Bora. Ménage
les susceptibilités de ses subordonnés. Et garde
un oeil sur des alliés qui peuvent devenir du jour au lendemain
de dangereux rivaux. Car au sein de l'alliance de circonstance
qui assiège Tora Bora, les relations entre les trois «
barons », les Pachtouns Hadji Zaman et Hadji Zaher,e fils
du gouverneur Hedji Qadir, et le Nouristani Ilazrat Ali, sont
loin d'être cordiales.
Les incidents sont fréquents. Samedi, un
véhicule est stoppé par des moudjahidin de Zaman
dans la côte qui mène aux premières lignes.
A bord, les occupants sont des partisans d'Hadji Zaher, parmi
lesquels d'anciens alliés des talibans. « Vous n'allez
pas plus loin ! », annonce un moudjahid à la voiture.
« Ces talibans vont ravitailler leurs amis à Tora
Bora ! » Le ton monte. En quelques secondes les canons de
kalachnikovs se braquent à hauteur d'homme. Les leviers
d'armement claquent. Et les badauds détalent en un clin
d'oeil.
Un commandant plus âgé arrive à
la rescousse, et règle l'incident. Le véhicule repart.
Mais le ton est donné. Le lendemain, un compte rendu crachote
à la radio sur le réseau d'Hadji Zaher. «
Nous avons capturé un canon aux Arabes d'Al Quaida. Les
gens d'Hadji Zarnan le veulent. Nous le leur donnons ? »,
demande une voix hachée.
« Non ! Non ! Surtout pas. Il est à nous, vous le
gardez ! », répond aussitôt l'aide de camp
d'Hadji Zaher.
Au pied des pentes sombres de Tora Bora se dessine
déjà l'avenir de la province de Nangarhar, lorsque
les trois chefs rivaux en auront fini avec les derniers réduits
d'Al Quaida. Et peut-être celui de tout l'Afghanistan.
3. Dans les grottes de Ben Laden à Tora
Bora
Guerre contre le terrorisme. Les légions
islamiques d'Oussama ben Laden ont abandonné leurs positions
et se sont réfugiées sur les sommets.
Le son du canon résonne longuement entre
les ravins. Au loin, les impacts des obus illuminent la pente
boisée et des nuages de fumée fleurissent au milieu
des arbres. Le camp retranché de Tora Bora vit ses dernières
heures. Les « volontaires islamiques » d'Oussama ben
Laden ont abandonné leurs positions et se sont réfugiés
sur le plus haut sommet. Mais les moudjahidin encerclent ce dernier
réduit. Les pare-brise des pick-up qui acheminent des renforts
brillent sur la piste à flanc de montagne. L'assaut final
a commencé.
Désertes, les premières lignes des
combattants d'Al Qaida sont vite dépassées. Sur
chaque position, le sol est noirci et les arbres n'ont plus de
feuilles. Des emballages de bombes à fragmentation font
des taches jaunes un peu partout dans les cailloux. Les bombardements
américains de ces derniers jours ont eu raison de la résistance
des volontaires de Ben Laden.
On atteint enfin quelques maisonnettes de pierres
sèches et des postes de combat à l'abandon. «
Les Arabes sont partis ! », lance un moudjahid avec un petit
geste de la main en direction de la montagne. Mais des fusillades
nourries continuent d'éclater un peu partout. Personne
ne sait d'où viennent les tirs, et l'écho ajoute
à la confusion.
Les premiers journalistes arrivent par petits groupes
au milieu des moudjahidin. Hazarat Ali, l'un des chefs afghans,
improvise une conférence de presse devant une cabane abandonnée
d'Al Qaida.
« On a demandé aux Américains d'arrêter
leurs bombardements. Nous n'en avons plus besoin », explique-t-il
en jouant machinalement avec le bouton de son talkie-walkie. «
Nous avons avancé de 7 kilomètres ce matin. C'est
comme ça, la guerre. Parfois ça va vite ! »
Des coups de feu font baisser les têtes. La
bataille n'est pas tout à fait terminée. La route
est pleine de pick-up et de combattants. « Où sont
les soldats américains ? », demande quelqu'un. «
Dans ma poche ! », répond Hazrat Ali avec un sourire.
Et Ben Laden ? « Si nous le capturons, nous le remettrons
aux Nations unies plutôt qu'aux Américains ! »,
lâche-t-il avant de repartir avec son état-major.
Quelques instants plus tard, on capte sur un poste
radio la voix d'Hadji Zaman, l'autre chef afghan qui dirige l'assaut
contre Tora Bora. Son interlocuteur est un membre d'Al Qaida.
« Il faut vous rendre ! », dit Hadji Zaman.
Nous ne pouvons pas nous rendre en désordre. C'est trop
dangereux pour nous, répond la voix dans un grésillement.
Nous préférons nous rendre par groupes, mais nous
devons nous organiser. » Silence. D'autres voix se font
entendre dans les crachotements de l'appareil.
« Ne parlez pas sur le réseau, laissez-moi
parler avec les Arabes. Je suis en train de discuter avec eux
pour qu'ils se rendent », demande Hadji Zaman à ses
subordonnés.
En dessous de la cabane, une petite vallée
encaissée disparaît déjà dans l'ombre
du soleil déclinant. Les quelques champs en escalier et
une poignée de maisonnettes en ruine semblent avoir subi
un violent incendie. « AI Qaida! AI Qaida! », crie
un moudjahid en montrant le fond du vallon.
Aidés par les bombardements américains,
les factions afghanes anti-talibans viennent de s'emparer du quartier
général de l'organisation du terroriste apatride
Oussama ben Laden. Le moudjahid fait signe de le suivre, et dévale
le sentier qui mène au coeur de Tora Bora.
C'est dans cette vallée perdue aux confins
du Pakistan et de l'Afghanistan, que la résistance afghane
avait autrefois aménagé des abris profonds pour
échapper aux attaques de l'aviation soviétique.
Mais l'endroit a été transformé.
Les souterrains ont été agrandis, le chemin est
devenu une route carrossable, et des postes de guet ont été
établis un peu partout, perchés sur les sommets
alentour. Car l'ancienne cache de la résistance est devenue
depuis 1996, date du retour de Ben Laden en Afghanistan, une nouvelle
version d'« Alamuth », la forteresse des « Assassins
». Comme le repaire de cette secte de meurtriers fanatiques
qui, derrière son chef, le « Vieux sur la montagne
» semait la terreur dans l'Orient du Moyen Âge. Tora
Bora est devenu le camp d'entraînement des commandos de
Ben Laden.
Dans les décombres d'une maison, on découvre
des manuels d'instruction militaire. Des schémas indiquent
où placer des explosifs pour détruire un pont. On
trouve aussi dans une caisse des cibles d'entraînement achetées
aux Etats-Unis et homologuées par la « National
Rifle Association », le syndical américain des
porteurs d'armes à feu. Les noms des tireurs et leurs scores
sont soigneusement inxcrits en arabe dans le coin de chaque cible.
Plus loin, des gants de boxe et des manuels de conversation
anglais sont éparpillés dans les gravats. Le feu
du ciel semble s'être déchaîné sur la
petite vallée. Plusieurs raids de B-52 ont tout ravagé.
Entre les troncs d'arbres déchiquetés, comme mâchés
par des dents géantes, le sol est creusé d'immenses
cratères. On devine ici et là les emplacements de
bâtiments en pierre, mais tout a été pulvérisé.
Les bois de charpente ne sont plus que des brindilles.
Plus loin, un pick-up Toyota a été
touché de plein fouet. Le bloc moteur a été
projeté à une trentaine de mètres. Il ne
reste du véhicule qu'un morceau de châssis tordu
comme un « Carambar ». Ce qui n'empêche pas
des moudjahidin de commencer à en démonter les lames
des amortisseurs. D'autres fouillent les décombres décorés
par des rubans roses de papier hygiénique, à la
recherche de quelque chose d'intéressant. Ailleurs, des
vêtements accrochés dans les restes d'arbres laissent
partir leur capitonnage au vent.
« Venez voir ! Les grottes sont par ici !
», lance un des Afghans. On escalade rapidement quelques
murets de l'autre côté du torrent. A mi-pente s'ouvrent
des galeries sombres, creusées à même le roc.
L'entrée est presque entièrement dissimulée
par des tas de pierres sèches, que les moudjahidin ont
dégagées. Aucune bombe n'est tombée devant
la galerie, quasiment invisible, même depuis le sol. On
se glisse dans l'orifice étroit. La lampe frontale éclaire
tout à coup les parois, couvertes de caisses métalliques.
Des centaines et des centaines de caisses de munitions, qui grimpent
jusqu'au plafond, ont été entassées ici.
Une seule de ces galeries contient plusieurs centaines de milliers
de cartouches de mitrailleuse lourde de 14,5, bien à l'abri
dans leur emballage hermétique, des obus de mortier, et
toutes sortes d'explosifs. Il y a dans les cinq cavernes du petit
vallon de quoi soutenir un long siège, sans compter les
autres caches qui existent encore dans d'autres parties de Tora
Bora. A l'extérieur, les coups de feu se sont tus. Hadji
Zaman redescend de la montagne à la tête d'une procession
de moudjahidin et d'une cohorte de journalistes. « Ils acceptent
de se rendre », dit-il avec un sourire, en essuyant la sueur
de son ftont. Le chef afghan s'assied dans la pente, dans la lumière
déclinante de l'après-midi. Son allié et
rival, Hazrat Ali, le rejoint avec son petit groupe.
« J'ai rencontré là-haut deux
membres d'Al Qaida, continue Hadj Zaman. Ils m'ont dit qu'ils
ne voulaient pas se battre contre nous. Ils ont accepté
un cessez-le-feu, et rendront leurs armes demain matin à
8 heures. »
« Et Oussama ben Laden ? », demande une voix.
Nous n'en avons pas parlé, répond-il. Jusqu'à
maintenant, j'étais sûr qu'il était ici. Maintenant,
je ne sais plus », admet-il en souriant finement.
Janvier 2002