Mardi 24 juillet 2007 -
La
Francophonie salue la libération et le retour des Bulgares
Les condamnés en Lybie graciés
en Bulgarie
Les cinq infirmières et le médecin
ont été graciés aujourd'hui à leur
arrivée à Sofia par le président bulgare
Georgi Parvanov.
Les six prisonniers de la Lybie sont rentrés
en Bulgarie
PARIS, 24 juil (UPF) -
Les cinq infirmières bulgares et le médecin
d'origine palestinienne sont arrivés ce matin à
Sofia à bord d'un avion de la présidence de la République
française, en compagnie de la commissaire européenne
aux Affaires extérieures, Benita Ferrero-Waldner, et de
l'épouse du président Sarkozy.
Mercredi 18 juillet 2007
- Verdict : Peine
de mort commuée en prison à vie

Communiqué d'Avocats sans frontières
France
UN SOULAGEMENT AMER
Prison à vie pour les infirmières bulgares et le
médecin palestinien
Le Conseil supérieur des instances judiciaires
libyen a décidé, hier soir en dernière instance,
de commuer en peine de prison à perpétuité
la peine de mort infligée aux cinq infirmières bulgares
et au médecin palestinien.
L'association Avocats Sans Frontières France
impliquée dans cette affaire exprime son soulagement par
rapport à la commutation du verdict de peine de mort.
Avocats Sans Frontières France tient cependant
à rappeler le caractère absolument inique de la
justice libyenne totalement aux ordres qui n'a voulu recevoir
les preuves indubitablement favorables aux accusés.
L'Association rappelle l'innocence des accusés
qui sont aujourd'hui condamnés à la prison à
vie pour des faits qu'ils n'ont pas commis et en appelle à
la poursuite de la mobilisation vigilante de la communauté
internationale afin que les infirmières et le médecin
quittent effectivement le territoire libyen et regagnent leur
pays.
Avocats Sans Frontières France s'indigne
du cirque offert par les autorités libyennes qui, en ce
jour même, ont entamé un second procès en
diffamation contre les accusés pour avoir dénoncé
les tortures atroces, humiliantes et dégradantes qu'ils
ont subies dans les geôles de Libye.
L'association invite les autorités libyennes
à transférer effectivement, sans délai, ces
personnes innocentes en Bulgarie et demande aux autorités
bulgares d'user de leur pouvoir pour les réhabiliter.
Nous tenons à témoigner de notre solidarité
aux familles des enfants contaminés au VIH/SIDA et lançons
un appel pour que ces pauvres victimes, instrumentalisées
à des fins sordides par le pouvoir politique libyen, bénéficient
rapidement de tous les soins efficaces que permet la science à
ce jour.
François CANTIER
Président d'ASF France
Mercredi 11 juillet 2007
- Verdict : condamnation
à mort confirmée
Communiqué d'Avocats sans frontières
France (10.07.07)
Affaires des cinq infirmières
et du médecin condamnés à mort en Libye
APPEL A UNE JUSTICE EQUITABLE EN LIBYE
QUAND LES DROITS DE LA DEFENSE SONT BAFOUES
Après plus de 8 années de détention
pour un crime qu'ils n'ont pas commis,
ces six innocents connaîtront leur sort mercredi 11 juillet
au cours d'une audience à laquelle les avocats de la défense
d'ASF France ne pourront pas participer.
A la veille du verdict de l'Affaire, Avocats Sans
Frontières France exprime sa forte préoccupation.
Tout au long de la procédure, la justice libyenne a délibérément
décidé d'ignorer les règles du droit à
un procès équitable figurant notamment à
l'article 14 du Pacte International relatif au droits civils et
politiques et à l'article 7 de la Charte africaine des
droits de l'Homme et des peuples, pourtant ratifiés par
l'Etat Libyen.
Jusqu'à présent, les juges libyens
ont tenu pour moyens de preuves les aveux extorqués aux
accusés par des tortures atroces, humiliantes et dégradantes
! Ils ont refusé d'écouter les experts internationaux,
dont les Professeurs MONTAGNIER et COLIZZI tout en se permettant
de déformer leurs rapports, notamment dans l'arrêt
du 19 décembre 2006.
Avocats Sans Frontières France qui a assisté
les accusés aux côtés d'avocats libyens et
bulgares n'a pu prendre part à l'audience du 20 juin dernier
en raison du refus des autorités libyennes de délivrer
des visas. De même, les membres d'Avocats Sans Frontières
France et la forte délégation mobilisée -
Conseil National des Barreaux français, Conférence
des Bâtonniers de France, le Barreau de Paris et l'Union
Internationale des Avocats- pour rendre visite aux accusés
et assister à l'audience du 11 juillet vient d'essuyer
un nouveau refus de la part des autorités libyennes de
leur délivrer des visas.
Dans ce contexte d'isolement des accusés
intentionnellement orchestré par les autorités libyennes,
Avocats Sans Frontières France :
1. Lance un appel aux juges de la Cour Suprême
de Libye d'appliquer le droit en dehors de toute considération
politique en reconnaissant l'innocence des accusés et en
ordonnant leur libération immédiate.
2. En appelle à la mobilisation internationale
des citoyens et des Etats démocratiques afin d'amener l'Etat
libyen à appliquer les règles d'un procès
équitable et à libérer des innocents pris
en otage par un Etat qui refuse d'assumer ses propres responsabilités.
3. Adresse un message de solidarité aux victimes
et à leurs familles dans cette tragédie du "
sang contaminé " que l'Etat libyen refuse d'assumer.
Avocats Sans Frontières France en appelle à toutes
les bonnes volontés pour que les enfants contaminés
puissent bénéficier d'un traitement et d'un soutien
adéquat.
4. Réitère son soutien à Christiana,
Valia, Valentina, Nazia, Snezhana et Ashra condamnés à
mort et détenus injustement en Libye depuis plus de huit
ans et réaffirme sa détermination à les assister
par tous les moyens juridiques jusqu'à la reconnaissance
de leur innocence et leur libération effective.
François CANTIER
Président d'ASF France
Mardi 26 juin - Pétition en faveur
des infirmières bulgares
Communiqué du Réseau des organisation
non gouvernementales de l'espace francophone.
Comme vous le savez peut-être déjà,
Avocats Sans Frontières, OING présidente
de la MissionB au sein du Comité de suivi de la Ve Conférence
des OING accréditées auprès de lOIF,
a ardemment défendu la cause des cinq infirmières
bulgares et du médecin palestinien aujourdhui injustement
détenus et condamnés à mort par les autorités
libyennes. Ces derniers sont accusés, contre toute preuve
scientifique, davoir inoculé le virus du Sida à
426 enfants libyens à lhôpital où ils
travaillaient comme coopérants.
Les négociations diplomatiques engagées
en vue de leur libération ne trouvent pas, pour lheure,
dissue favorable. La communauté internationale se
mobilise (par exemple, pétition signée de 114 Prix
Nobel, pétition à Mme la Chancelière Angela
Merkel, présidente de lUnion européenne, etc.).
Par ailleurs, la Bulgarie est membre de la Francophonie.
Cest pourquoi votre Comité de Suivi
propose à votre signature la pétition jointe,
adressée aux autorités libyennes, afin que la société
civile francophone fasse entendre elle aussi sa voix, contre cette
injustice criante et cette grave atteinte aux Droits de lHomme.
Certains que cette cause ne vous laissera pas indifférents,
nous vous invitons, Chers amis, à signer cette pétition
sur le site des OING francophones (ong-francophonie.net) avant
la date du 31 juillet 2007. Votre signature devra se faire directement
en ligne. En cas de difficultés, vous pouvez vous adresser
à [Laetitia Ferrer, Avocats Sans Frontières, Laetitia.Ferrer@CliffordChance.com]
Nous vous remercions par avance pour votre participation
à cette initiative et vous prions dagréer
nos plus chaleureuses salutations.
- Le Comité de suivi de la Vème Conférence
des OING accréditées auprès de lOIF
*
Mercredi 20 juin - Communiqué de l'organisation
Avocats sans frontières
Infirmières bulgares : le scandale continue
Voilà plus de huit ans que cinq infirmières
bulgares et un médecin palestinien, aujourdhui naturalisé
bulgare, sont emprisonnés, et désormais sous le
coup dune condamnation à mort en Libye.
Victimes dun déni de justice, ces innocents
nont pas eu droit à un procès équitable.
Aujourdhui encore, le président dAvocats Sans
Frontières France, Me François Cantier, et Me Catherine
Mabille, vice-présidente, qui entendaient les assister
à laudience, ce 20 juin, nont pas obtenu leur
visa, de même que le bâtonnier du barreau Paris, Me
Yves Repiquet.
Huit ans que l'injustice se poursuit, tandis que
les valses diplomatiques, en coulisses, promettent encore une
fois de sapprocher dune solution.
Cet accord, dont lissue nest toujours
pas certaine, instrumentalise six innocents et des enfants contaminés
par le VIH pour des raisons qui nont rien à voir
avec la présence de ces infirmières et de ce médecin,
venus en Libye dans le cadre de la coopération.
Assez de déni de justice ! Lhonneur
et la liberté doivent être rendus à ces accusés,
qui ont été victimes dune épouvantable
machination.
Avocats Sans Frontières France exige que
les infirmières et le médecin, mis en cause dans
cette affaire, puissent être assistés de leurs avocats
en toute indépendance, selon les règles élémentaires
du droit et soient enfin lavés de tout soupçon.
Notre objectif est clair : Christiana, Valia, Valentina,
Nazia, Snezhana et Ashra sont innocents et doivent être
libérés ! Verdict le 11 juillet 2007.
Mercredi 20 juin
Peine de mort requise en appel à l'encontre
des infirmières et du médecin bulgares.
Verdict le 11 juillet - La négociation financière
entre l'UE et les familles se poursuit.
PARIS, 20 juin (UPF) - La cour suprême de
Libye rendra son verdict le 11 juillet dans le procès en
appel des cinq infirmières bulgares et du médecin,
emprisonnés depuis huit ans, condamnés à
mort pour avoir été reconnus coupables de contamination
d'enfants par le sida. Le procureur de la cour suprême a
requis aujourd'hui la peine de mort, confirmant les condamnations
de 2004 et de 2006.
Toutefois, le porte-parole des familles des 438
enfants a affirmé à l'AFP qu'un accord avec l'Union
européenne (UE) devrait intervenir "sur le montant
des compensations qui seront versées aux familles".
De son côté, un responsable de la Fondation Kadhafi
impliquée dans les négociations entre l'UE et ces
familles, a affirmé aujourd'hui à l'AFP qu'un règlement
de l'affaire serait annoncé vendredi 22 juin.
L'avocat du médecin a demandé l'annulation
du verdict et indiqué que les "aveux" de son
client avaient été extorqués sous la torture.
Le docteur Achraf Joumaa Hajouj, d'origine palestinienne et récemment
naturalisé bulgare, effectuait un stage dans un hôpital
libyen au moment de son arrestation en 1997. Les infirmières
Kristiana Valtcheva, Nassia Nenova, Valia Tcherveniachka, Valentina
Siropoulo et Snejana Dimitrova étaient arrivées
en Libye dans les années 1990, après la chute du
communisme en Bulgarie.
*
Dimanche 6 mai
Trois ans après leur première
condamnation
LANCEMENT DUNE PETITION INTERNATIONALE
POUR LA LIBERATION
des infirmières bulgares et du médecin palestinien
condamnés à mort en Libye
Depuis plus de huit ans, Mmes Snejana Dimitrova,
Valia Tcherveniachka, Valentina Siropolu, Nasia Nenova, et Christiana
Valcheva, cinq infirmières bulgares et M. Ashraf Ahmad
Juma, médecin palestinien sont détenus en
Libye et nont pas bénéficié dun
procès équitable.
Il y a trois ans jour pour jour, le 6 mai 2004,
ils ont été condamnés à la peine de
mort une première fois. Une seconde condamnation à
mort a été prononcée par la justice libyenne
le 19 décembre 2006. Accusés davoir inoculé
délibérément le virus du SIDA à 426
enfants de l'hôpital de Benghazi où ils travaillaient,
ils nont cessé de clamer leur innocence et ont toujours
déclaré que des aveux leur avaient été
extorqués sous la torture.
De nombreux appels à leur libération
ont été lancés ces dernières années
mais en ordre dispersé. Afin daccroître la
pression internationale et de renforcer lunité de
la communauté internationale derrière les infirmières
et le médecin, plusieurs organisations ici réunies
lancent ensemble une pétition internationale pour leur
libération, adressée conjointement à Madame
la chancelière dAllemagne et présidente du
Conseil de lUnion européenne, monsieur le secrétaire
général de la Ligue arabe, et monsieur le président
de lUnion africaine.
Lassociation Ensemble contre la peine de mort
(ECPM), les médias bulgares de la campagne « Ne
Ste Sami / Vous nêtes pas seuls » (Standart,
BTV, Radio Darik), Amnesty International, lAction des Chrétiens
pour lAbolition de la Torture (ACAT-France), la Fédération
Internationale de lAction des Chrétiens pour l'Abolition
de la Torture (FIACAT), le Collectif Sibel, la Fédération
Nationale des Infirmiers de Belgique, le Barreau de Paris, la
Coalition mondiale contre la peine de mort, Avocat sans Frontières
(avec les avocats des infirmières, Me Gueorgui Gatev, Me
Antoine Alexiev, Me Emmanuel Altit, Me Ivan Paneff), lAlliance
des femmes pour la démocratie, le Collectif unitaire Mumia
Abu Jamal, M. Declan Butler, journaliste scientifique pour la
revue Nature, appellent les citoyens, les personnalités,
les médias et les organisations du monde entier à
signer la pétition ci-jointe, à la diffuser le plus
largement via Internet et dans toutes publications.
Lobjectif est de réunir un million
de signatures avant le 22 juin, date du prochain Conseil de
lUnion européenne à Bruxelles : une délégation
remettra les signatures à Madame Merkel, en tant que présidente
du Conseil de lUnion européenne, ainsi quaux
représentations bruxelloises de lUnion africaine
et de la Ligue arabe.
La pétition peut être signée
en ligne sur les sites Internet :
www.abolition.fr et www.fnib.be
La pétition peut être téléchargée
et envoyée signée à
ECPM 5, rue primatice F 75013 Paris - France
*
Conférence de presse à Paris
Jeudi 8 février 2007, à la
veille de la date "anniversaire" de leur arrestation
en 1999, le Collectif SIBEL parrainé par la chanteuse Sylvie
Vartan, organise une
Soirée de soutien aux infirmières
bulgares et au médecin palestinien
condamnés à mort en Libye
Sous le haut patronage de l'Ambassade de Bulgarie en France
au Centre International de Séjour, 6 avenue
Maurice Ravel 75012 PARIS.
19h30, conférence de presse.
20h30, concert de soutien avec des artistes bulgares et français.
en présence de:
Mme Catherine GUY-QUINT, députée européenne
Mme Elisabeth GUIGOU, députée, ancien ministre
Mr Richard YUNG, Sénateur des Français
de l'Etranger
en partenariat avec:
Avocats sans Frontière,
Ensemble contre la peine de mort,
Le magazine scientifique " Nature "
L'Alliance des Femmes pour la Démocratie,
L'Association Nationale Française de Infirmiers et Infirmières
diplômées et étudiants (ANFIIDE),
Le Groupement d'Intérêt professionnel en soins Infirmiers
(GIPSI).
*
Conférence de presse du Premier ministre
français Dominique de Villepin
lors de sa visite à Sofia vendredi 2 février 2007
"La
situation des infirmières de votre pays, retenues si injustement
en Libye est une épreuve qui nous atteint tous...
Nous
devons étudier tous les moyens pour obtenir dans les délais
les plus rapides la libération des infirmières."
Permettez-moi de dire d'abord combien je suis heureux
beaucoup d'années après qu'un premier ministre français
ce soit rendu ici, à Sofia. Très heureux d'être
parmi vous et un peu intimidé aussi parce que je crois
n'avoir jamais fait de conférence de presse nulle part
devant une telle assemblée de journalistes Et je suis heureux
en l'occurrence de constater que l'immense majorité des
journalistes bulgares sont des femmes. C'est certainement le signe
d'une très grande vitalité de la société
bulgare.
Un mois après l'adhésion de la Bulgarie,
c'était important pour la France d'être ici avec
vous. Bien sûr, le chemin vers l'adhésion a été
long et difficile. Je suis pleinement conscient des efforts qui
ont été faits par les Bulgares et la Bulgarie pour
en arriver là, des réformes qui ont été
engagées, les ouvertures qui ont été nécessaires.
Et vous savez combien nous avons appuyé votre politique
et ces efforts tout au long des années.
Pour nous cette adhésion ce n'est pas un
point d'arrivée, c'est un point de départ. Et c'est
un juste retour. La Bulgarie est enfin de retour dans la grande
famille européenne et ce retour nous l'avons souhaité,
vous vous en souvenez, depuis le premier jour. Donc nous sommes
heureux de pouvoir tous ensemble, à 27, nous atteler au
destin commun des Européens et de cette Europe. Cette Europe
c'est une chance, je sais que vous le savez et nous en sommes
aussi convaincus, c'est une chance pour la Bulgarie. C'est une
chance pour avancer dans la voie de vos projets de développement
économique, c'est une chance pour les valeurs que nous
partageons tous, c'est une chance aussi face aux épreuves.
Et la situation des infirmières de votre
pays, retenues si injustement en Libye c'est une épreuve
qui nous atteint tous. Et vous connaissez l'engagement de
la France, l'engagement du président de la République
Jacques Chirac, l'engagement du gouvernement et l'engagement
de tous les Français pour accompagner vos efforts et vous
aider et faire en sorte que cette libération, 8 ans après,
puisse être comptée non pas en années, mais
en semaines et en mois. Nous avons tous hâte de voir
ces infirmières prendre le chemin du retour vers leur pays.
L'adhésion de la Bulgarie à l'UE c'est
aussi, et je veux le dire fortement ici à Sofia, c'est
une chance pour l'Europe toute entière. Elle peut ainsi
s'enrichir d'une identité culturelle et linguistique forte,
ancienne. De ce point de vue, dans la diversité qu'exprime
l'Europe, eh bien, la capacité à agir de l'Europe
s'en trouvera considérablement agrandie. Je pense à
votre situation géographique en bordure de la mer Noire,
à proximité des Balkans Occidentaux, du Proche-Orient,
de la Russie. La Bulgarie nous ouvre ainsi une fenêtre sur
tout un espace régional et mondial extrêmement important.
Avec la Bulgarie, l'Europe également sera mieux à
même de construire sa politique de l'énergie et de
maîtriser ses flux migratoires. C'est dire que nous avons
bcp de travail à faire ensemble.
Je veux dire aussi combien le dialogue que nous
nourrissons entre nos deux pays est important dans tous les domaines.
Bien sûr nos relations bilatérales et le Premier
ministre l'a dit, nous avons à cur de franchir de
nouvelles étapes, de faire de sorte que notre partenariat
économique, notre partenariat culturel avance, mais aussi
les actions que nous menons en commun au service de la paix. Je
suis heureux de voir l'engagement de la Bulgarie en Bosnie, en
Afghanistan, dans des opérations de maintien de la paix,
nous sommes côte à côte et c'est un élément
important aussi de notre engagement européen. Engagement
aussi en matière d'environnement. Nous avons aussi, nous,
Français, proposé une taxe carbone de façon
que les pays émergeants qui ne respectent pas les règles
que nous nous sommes fixés en matière d'environnement
puissent avoir un contre-coût de l'absence de règles
qui leur sont imposées.
Nous avons aussi le souci de défendre
une grande politique énergétique de l'Europe. Il
n'est pas normal que l'Europe, compte tenu des intérêts
communs que nous avons, n'avance pas plus rapidement dans cette
voie. Et je suis heureux des initiatives que peut prendre
aujourd'hui la Commission. Nous avons à définir
une véritable stratégie européenne et nous
avons à parler d'une seule voix en matière énergétique.
C'est pourquoi nous pensons qu'il est important aujourd'hui de
franchir de nouvelles étapes.
Donc vous le voyez, la France et la Bulgarie veulent
travailler ensemble, veulent aborder les grandes questions du
monde ensemble. Et puis nous voulons, au sein d'une UE faire en
sorte que nos deux pays puissent, main dans la main, aborder les
prochaines étapes et relever les défis de la société
internationale.
*
Question:
M. le Premier-ministre, vous portez un ruban de solidarité
et vous venez de dire que la France est solidaire des infirmières
bulgares. Je voudrais savoir concrètement comment s'incarne
cette solidarité, comment agit la France.
Par ailleurs
est-ce que vous avez été contacté directement
par la Libye?
DdeV : Vous avez raison, ce ruban c'est bien la marque
de notre solidarité et de notre engagement. Puisque ce
ruban comme vous voyez, il est traduit en français. "Vous
n'êtes pas seules" c'est vrai que nous sommes aux côtés
de nos amis bulgares dans l'épreuve qu'ils traversent et
dans cette terrible épreuve que vivent au quotidien depuis
maintenant plus de huit ans les infirmières bulgares, ainsi
que le médecin palestinien.
Alors ce calvaire il est important que nous puissions y mettre
fin rapidement. Vous le savez cette question est évoquée
régulièrement par les autorités françaises
au plus haut niveau avec les responsables libyens. Nous avons
multiplié les gestes pour créer les conditions propices
à la libération de ces infirmières et en
particulier nous avons accueilli dans les hôpitaux français
de jeunes enfants libyens, touchés par le SIDA. Nous avons
donc voulu apporter notre contribution en matière de santé.
Il est clair que les infirmières bulgares ne sont en rien
responsables de ce qui c'est passé pour ces enfants. Nous
avons toutes les évidences de la science, toutes les évidences
des connaissances. Donc je crois qu'il y a derrière tout
cela un affreux malentendu qu'il nous appartient de lever.
Et, en accord avec le Président de la République
française, j'ai demandé au ministre des affaires
étrangères Philippe Douste-Blazy de bien vouloir
saisir ses partenaires européens avec son collègue
bulgare les 12 et 13 février prochains lors de la prochaine
réunion des ministres des affaires étrangères.
Nous devons étudier tous les moyens pour obtenir dans
les délais les plus rapides la libération des infirmières.
Je souhaite par ailleurs, que les deux prochains
rendez-vous qui sont maintenant à l'ordre du jour de l'Europe,
de notre famille européenne avec la Bulgarie - je pense
au Conseil européen de mars et je pense au Conseil européen
de juin - soient l'occasion de prendre les initiatives dans le
cadre du dialogue nécessaire non seulement de la Bulgarie,
mais de l'ensemble des partenaires de l'UE, eh bien, que ce soit
l'occasion d'avoir les rendez-vous qui permettront, au cours des
tout prochains mois car je le répète, nous ne sommes
pas prêts à voir se prolonger le calvaire de ces
infirmières, nous ne sommes pas prêts à accepter
que plusieurs années encore elles soient retenues si injustement.
Je crois que nous nous faisons tous la même idée
de la justice et de la solidarité quand on est membre d'une
même famille. Ce qui arrive aujourd'hui à ces infirmières
bulgares, eh bien, c'est ce qui pourrait arriver aussi à
des infirmières françaises, donc c'est le même
engagement, la même mobilisation. Nous voulons faire en
sorte donc à partir des initiatives qui seront prises par
les ministres des affaires étrangères européens,
dans le cadre du dialogue que nous voulons développer et
intensifier avec les autorités libyennes, eh bien, nous
voulons qu'une réponse favorable soit très rapidement
apportée.
Puis je voudrais apporter un témoignage plus
personnel. Parce que vous savez, j'ai conduit avec les autorités
libyennes une action dans un contexte difficile qui était
celui de l'affaire TWA qui a si cruellement frappé un certain
nombre de nos compatriotes et un certain nombre d'Africains. Et
j'ai rencontré à cette occasion à plusieurs
reprises le Président libyen le colonel Kadhafi. Et j'ai
constaté, j'ai été reçu sous sa tente,
j'ai été reçu dans sa bibliothèque,
qu'il avait le souci d'ouverture, qu'il avait une ambition pour
son pays. J'ai vu aussi au fil des dernières années
à quel point la Libye s'était engagée dans
la voie de cette reconnaissance de cette ouverture internationale.
Eh bien, je veux qu'il soit clair que pour la France, pour l'ensemble
de l'UE, nous avons une responsabilité commune pour faire
en sorte que justice soit faite à la Bulgarie, que justice
soit faite aux infirmières bulgares. Je veux croire que
le terrible malentendu autour d'une maladie qui crée, nous
le savons, malheureusement encore dans beaucoup de continents,
et c'est particulièrement vrai en Afrique, beaucoup de
peurs. Je veux croire que ce terrible malentendu va être
très rapidement levé.
Et je le dis au nom d'un pays qui est aux avant-postes. Vous connaissez
le combat de la France contre le SIDA, vous connaissez l'engagement
du Président de la République pour tous ceux qui,
partout dans le monde, souffrent de cette maladie. Un combat pour
la dignité des malades, un combat pour qu'ils puissent
accéder à tous les traitements nécessaires.
Nous l'avons fait partout sur la planète, nous l'avons
fait pour apporter le financement indispensable aux pays et aux
malades. Nous le faisons en pensant y compris à la nécessité
de trouver de nouvelles formes de financement. Je crois que contre
la peur, contre la méconnaissance, il y toujours une solution.
Et la solution aujourd'hui passe par le courage de la communauté
internationale, elle passe par le courage de l'UE et elle passe
par l'engagement résolu au sein d'une famille qui est la
nôtre, qui est la famille des Français, qui est la
famille des Bulgares, cette famille de l'UE.
Donc aujourd'hui, oui, nous avons tous à compter les jours
qui nous séparent du retour de ces infirmières sur
le sol bulgare.
Question : Est-ce que vous trouvez que la carte
de route proposée par le fils du colonel Kadhafi Seif al-Islam
peut être un outil de travail capable d'amener une solution
favorable à cette affaire? Le Parlement européen
a adopté récemment une résolution pour le
recours à des sanctions économiques contre la Libye
en cas de développement défavorable de la situation
pour les infirmières. Les pays de l'UE, y compris la France,
sont-ils prêts à une telle démarche ?
DdeV: Je l'ai dit, j'ai fais part de l'expérience
qui est la mienne dans la tragique affaire de l'avion UTA. Je
pense que nous devons d'abord nous assurer dans des contacts répétés
et directs avec les plus hautes autorités libyennes, je
pense bien sûr avec le colonel Kadhafi, je pense avec les
principaux membres du gouvernement et tous ceux qui peuvent avoir
une influence sur un tel dossier.
Je veux qu'ils puissent mesurer de la façon la plus claire
le niveau de l'injustice commise à l'endroit des infirmières.
Je veux qu'ils mesurent également la nature des engagements
que nous sommes prêts les uns et les autres à prendre,
ce que nous avons pris, nous, à titre national, nous, Français,
ce que les autres pays d'Europe, je le sais, sont prêts
à prendre pour faire en sorte que cette terrible maladie
qu'est le SIDA et ce terrible drame qui frappe aujourd'hui des
enfants libyens puissent être pris en compte, que nous puissions
accompagner ceux qui souffrent en Libye et les aider à
surmonter les épreuves de cette maladie. Et bien évidemment,
parce que, vous le savez, la diplomatie c'est d'abord un art du
dialogue, mais c'est aussi un art de la conviction.
Naturellement, nous sommes désireux de prendre nos responsabilités.
Et vous savez qu'en matière diplomatique prendre ses responsabilités
cela a du sens quand on a la volonté d'obtenir les résultats
qui sont nécessaires. Donc nous sommes prêts à
prendre nos responsabilités, nous comme Français,
avec l'ensemble des pays européens. Et je crois que dans
le dialogue renouvelé, intensifié, au plus haut
niveau qui doit se développer au cours des prochaines semaines
et des prochains mois, je l'ai dit, avec cette étape de
la rencontre des ministres des affaires étrangères
et les deux prochains Conseils européens, nous avons l'occasion
de faire passer le message très clair de cette volonté
- nous ne pourrons pas, nous ne pouvons pas nous résigner
à accepter que les mois passent et qu'une injustice perdure.
D'autres grands pays ont une influence aujourd'hui sur la Libye
dans le retour de la Libye sur la scène internationale.
Nous savons à quel point les Etats Unis ont pris part de
façon significative à travers la volonté
qui a été la leur de renouer avec la Libye.
Donc je pense que toutes ces voix, ces consciences ont un rôle
à jouer. Aujourd'hui c'est une responsabilité commune.
Je veux croire que dans la clarté, dans l'explication,
dans le courage de part et d'autre que nous aurons à aborder
jusqu'au bout cette question difficile, nous servirons l'honneur
de la communauté européenne, mais aussi cette motivation
centrale dans notre vie commune qui est le respect et le sens
de la justice. Donc je le redis, oui, bien sûr, nous prendrons
toute la responsabilité.
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