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MALI

Les abus de "La maîtresse du président"

Les cinq journalistes ont reçu le "Prix de la Libre expression 2007" lors des 39e Assises de la presse francophone en Côte d'Ivoire.
PARIS, 6.12.07 (UPF) - Le Prix de la Libre expression a été attribué aujourd'hui à Seydina Oumar Diarra et Sambi Touré, Info-Matin, Ibrahima Fall, Le Républicain, Alexis Kalambry, Les Échos et Haméye Cissé, Le Scorpion, cinq journalistes maliens incarcérés en juin dernier, ainsi qu'un professeur de Lettres, après la publication solidaire d'articles sur l'affaire dite de "La maîtresse du Président". Ce 12e prix attribué par l'Union de la presse francophone (UPF) a été proclamé à Yamoussoukro (Côte d'Ivoire) dans le cadre des 39e Assises de la presse francophone.

- Lire le discours de réception de Hamèye Cissé, président de la section Mali de l'UPF.
- Lire la lettre RSF-UPF du 21 juin 2007.

 

Le président du CSC déplore "l'Affaire"

PARIS, 6.07.07 (UPF) - La condamnation des journalistes et de l'enseignant dans l'affaire "de la maîtresse du président" fait du tort au Mali, selon le président du Conseil supérieur de la communication (CSC) Moussa Kéïta, dans un entretien publié dans le quotidien de Ouagadougou "L'Observateur Paalga" (mercredi 4. juillet). Le président du CSC s'exprimait en marge de la IVe Conférence des instances de régulation de la communication d’Afrique (CIRCAF) réunie du 2 au 4 juillet dans la capitale burkinabe.

"Ceux qui ont monté cette affaire devant la justice ont fait plus de tort au président qu'ils ne lui ont fait du bien", regrette Moussa Keita. "Je crois que c'est une banale affaire dans laquelle il n'y a eu aucune faute professionnelle du journaliste. Ce dernier a été d'une intégrité intellectuelle hors du commun. Il a donc fait correctement son travail", poursuit le président du CSC.

M. Keita constate que la justice "n'est pas passée par la loi sur les délits de presse" mais "par le code de procédure pénale" entraînant l'incarcération du journaliste puis des directeurs de publication solidaires. "Nous avons déploré le fait que notre avis technique et professionnel n'a pas été pris en compte, le fait que l'avis académique de l'enseignement dont relève le lycée où exerce le professeur n'a pas été considéré" non plus, a ajouté Moussa Keita.

 

La Gazette de la presse francophone (novembre-décembre 2007). Il n'y a pas de quoi rire
par Philippe BILGER, chef de la Délégation juridique de l'UPF.

 

Curiosité des diplomates pour "l'Affaire"

PARIS, 6.07.07 (UPF) - Les cinq journalistes emprisonnés et condamnés le 26 juin par un tribunal correctionnel de Bamako pour "offenses" et "complicité d'offenses" au président de la République Amadou Toumani Touré, ont été invités lundi 2 juillet par plusieurs diplomates occidentaux à exposer, pour information, leur version de l'affaire médiatique dite "de la maîtresse du président" et des poursuites judiciaires qu'elle a entraînéecontre la presse malienne.

Mahamane Hamèye Cissé (Le Scorpion), le porte-parole du collectif des directeurs de publication ex-détenus, également président de la section malienne de l'Union internationale de la presse francophone (UPF), ainsi que Seydina Oumar Diarra et Sambi Touré (Info-Matin), Birama Fall (Le Républicain) et Alexis Kalambry (Les Echos) ont présenté aux diplomates réunis à la chancellerie de l'ambassade des Pays Bas l'aspect journalistique et le déroulement judiciaire de l'affaire. Cette réunion s'est tenue en présence des ambassadrices du Canada et du Danemark, du chef de délégation de l’Union Européenne, ainsi que de diplomates des Etats-Unis, des Pays-Bas, de Belgique et de France, a rapporté le quotidien L'Indépendant.

 

Les journalistes décident de faire appel

PARIS, 27.06.07 (UPF) - Les journalistes condamnés hier à des peines d'emprisonnement ferme ou de prison avec sursis, pour offense ou complicité d'offense au chef de l'Etat, ont décidé de faire appel de ce jugement.

Les journalistes et directeurs de publications se sont vus reprocher d'avoir reproduit dans leurs colonnes un sujet de dissertation sur la maîtresse d’un président imaginaire. Cette publications leur a déjà valu de une à deux semaines de prison préventive avant leur comparution devant le tribunal correctionnel.
Le procès qui s'est tenu à huis clos et sans la présence des avocats de prévenus, a abouti aux condamnations suivantes : - Seydina Oumar Diarra, journaliste a Info-Matin, 13 jours ferme et 100 000 francs CFA d'amende
- Sambi Touré directeur de publication de Info-Matin, 8 mois de prison avec sursis et 200 000 F CFA d’amende
- Mahamane Hameye Cissé, directeur de publication du Scorpion, Alexis Kalambry, directeur de publication des Echos et Birama Fall directeur de publication du Républicain, 4 mois et 200 000 F CFA d’amende.

 

Tous condamnés pour "la maîtresse"

PARIS, 26.06.07 (UPF) - Les cinq journalistes et l'enseignant ont tous été condamnés aujourd'hui à Bamako, respectivement à des peines de prison ferme pour un journaliste et le professeur de letttres-censeur poursuivis pour "offenses au chef de l'Etat" et à des peines de sursis pour les quatre directeurs de publication poursuivis pour "complicité".

Le président de la section malienne de l'UPF, Mahamane Haméye Cissé (Le Scorpion) a été condamné à 4 mois de prison avec sursis, de même que ses deux confrères Birama Fall (Le Républicain), Alexis Kalambry (Les Echos). Ils devront verser chacun 200.000 FCFA (300 euros) d'amendes et devraient être relâchés dans les prochaines heures.

Les journalistes du quotidien privé Info-Matin qui avait sorti cette affaire ont été condamnés à 13 jours de prison ferme pour Seydina Oumar Diarra, le journaliste incarcéré depuis le 14 juin, et à 8 mois de prison avec sursis pour Sambi Touré, le directeur de publication.

Le professeur censeur du Lycée Nanaïssa Santara, Bassirou Kassim Minta, désormais interdit d'enseigner, qui a été condamné à 2 mois de prison ferme et à 100.000 FCFA d'amende (150 euros), restera en prison.

Le procès, qui se déroulait à huis clos, avait été boycotté par les avocats de la défense, qui considérent notamment que "la liberté de la presse (est) violée au Mali", a rapporté l'AFP. "Ce sont des innocents qui viennent d'être condamnés. Ils n'ont commis aucune faute" a déclaré à l'issue du procès Me Mamadou Gakou, l'un des avocats de la défense.

 

Journée sans presse en République du Mali

PARIS, 25.06.07 (UPF) - Plusieurs associations de presse ont décrété ce lundi 25 juin 2007 "Journée sans presse en République du Mali" à la suitedu maintien en prison de cinq journalistes et d'un enseignant jusqu'à leur procès prévu demain devant le tribunal correctionnel de Bamako. Un journaliste et un enseignant sont poursuivis pour "offense au chef de l'Etat" et les quatre autres journalistes pour "complicité d'offense au chef de l'Etat", après la publication d'un article fictif intitulé : "La maîtresse du président de la République !".

"Le site Info-Matin ne reprendra qu'à la libération de Sambi Touré (Info-Matin), Mahamane Hamèye Cissé (Le Scorpion), Birama Fall (Le Républicain), Alexis Kalambiry (Les Echos), Seydina Oumar Diarra (Info-Matin)" affichait aujourd'hui le site en ligne d'Info Matin.

"Aucun journal privé ne paraîtra, aucune radio privée n'émettra par solidarité pour nos cinq confrères emprisonnés et pour exiger leur libération", a déclaré hier à l'AFP le président de la Maison de la Presse de Bamako, Makan Koné, qui fédère la quasi-totalité des associations de journalistes au Mali.

Selon le Conseil supérieur de la communication (CSC, organe officiel de régulation de la presse), le Mali compte 412 radios privées, communautaires, associatives et commerciales sur le territoire national, ainsi que 38 titres de journaux, a rappelé l'AFP.

 

Pas de remise en liberté des journalistes

PARIS, 22.06.07 (UPF) - La remise en liberté des cinq journalistes et de l'enseignant emprisonnés à Bamako pour "offense" et "complicité d'offense au chef de l'Etat", dans l'attente du procès annoncé mardi 26 juin, n'a pas été entendue, selon un correspondant de l'UPF à Bamako.

Dans une lettre commune adressée au président de la République Amadou Toumani Touré, l'Union internationale de la presse francophone (UPF) et Reporters sans frontières (RSF) a demandé au chef de l'Etat d'intervenir afin que les inculpés puissent se présenter librement à leur procès.

Hier "la marche de protestation" d'une cinquantaine de journalistes réclamant la libération de leurs confrères s'est heurtée à la police qui a fait usage de grenades lacrymogènes. Le président de l'Union des journalistes de l'Afrique de l'ouest (UJAO), Ibrahim Famakan Coulibaly, a été admis aux urgences d'un hôpital de Bamako, après avoir perdu brièvement connaissance, a rapporté l'AFP. L'UJAO, dans un communiqué conjoint avec la Fédération internationale des journalistes (FIJ), a dénoncé "la violence et les voies de fait qui ont été exercées contre des manifestants dont Ibrahim Famakan Coulibaly".

Mahamane Hamèye Cissé, président de la section UPF et journaliste de l'hebdomadaire Le Scorpion, Sambi Touré du quotidien Info-Matin, Alexis Kalambri du quotidien Les Echos, Birama Fall du quotidien le Républicain, Seydina Oumar Diarra d'Info-Matin et Bassirou Kassim Minta, professeur de lettres et censeur du Lycée Nanaïssa Santara sont toujours emprisonnés. "Pour démontrer l'absurdité de ces procédures", RSF publie sur son site Internet l'intégralité de l'article incriminé.

 

Union de la Presse Francophone

L'UPF et RSF cosignent une lettre au Président

PARIS, 21.06.07 (UPF) - Le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Robert Ménard et le secrétaire général international de l'Union internationale de la presse francophone (UPF), Georges Gros, ont adressé ce soir une lettre commune au Président de la République du Mali, Amadou Toumani Touré, pour demander la remise en liberté des cinq journalistes et de l'enseignant poursuivis pour "offense au chef de l'Etat" et incarcérés à Bamako.

Lire la lettre

 

Marche de protestation pour les journalistes

PARIS, 21.06.07 (UPF) - Plusieurs associations de journalistes ont appelé cet après midi à une marche de "protestation" pour demander la libération de leurs confrères incarcérés entre le 14 et le 20 juin. Alors que la vague de protestation a gagné l'ensemble de la presse malienne et internationale, ni la présidence de la République ni le ministre de la Communication n'ont réagi depuis le début de l'affaire, le 14 juin dernier.

Selon la loi malienne, les journalistes, dont le procès est annoncé pour le 26 juin, encourent six mois à cinq ans de prison, et une amende de 50.000 FCFA à 600.000 FCFA, ou l'une des deux peines, a rappelé l'AFP.

 

Union de la Presse Francophone

Le Pdt de l'UPF-Mali et trois journalistes arrêtés

PARIS, 21.06.07 (UPF) - Quatre journalistes directeurs de publication ont été arrêtés hier à Bamako, après avoir publié un article de leur confrère Seydina Oumar Diarra, emprisonné depuis le 14 juin pour offense au chef de l'Etat, après la parution d'un texte dans Info-Matin. Mahamane Hamèye Cissé, président de la section UPF et journaliste de l'hebdomadaire Le Scorpion, Sambi Touré du quotidien Info-Mali, Alexis Kalambri du quotidien Les Echos et Birama Fall du quotidien le Républicain ont été déférés à la prison de Bamako.

"La situation de la liberté de la presse au Mali est devenue intenable" affirme Sadou Yattara, journaliste au Courrier et vice-président de la section UPF, dans un message adressé hier soir. "La persécution des journalistes est entrain de s'amplifier. Et la peur commence à s'emparer de la profession" ajoute-t-il.

Selon l'organisation Reporters sans frontières, "Seydina Oumar Diarra et Bassirou Kassim Minta, professeur de lettres et censeur du Lycée Nanaïssa Santara, ont été arrêtés par la gendarmerie après que le procureur de la République s’est autosaisi d’une plainte, suite à la publication d’un article intitulé 'Lycée Nanaïssa Santara : la maîtresse du président de la République !'. Le texte, paru le 1er juin, reprenait et commentait un sujet de dissertation au ton burlesque donné par l’enseignant à ses élèves de 10e Lettres, dans lequel une 'étudiante, prostituée économique' tombait enceinte d’un chef d’Etat imaginaire et se battait pour la reconnaissance de son enfant. Ecroués à la prison centrale de la capitale, les deux hommes doivent comparaître le 26 juin devant le tribunal correctionnel de première instance de Bamako3".