Burkina Faso : Bientôt la dépénalisation des délits de presse

publié le 10 février 2015

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Le président du Faso Michel Kafando, a reçu le jeudi 22 janvier 2015 au palais de Kosyam, les représentants de la presse nationale et internationale pour une partie d’échanges.
Des nombreuses annonces qu’il a faites à cette occasion, s’il fallait n’en saluer qu’une seule, les confrères retiendraient à l’unisson l’engagement pris par le chef de l’Etat burkinabè de dépénaliser enfin les délits de presse au « Pays des hommes intègres ».
Il est vrai qu’il a égrené le même jour d’autres mesures favorables à la profession comme hausse de la subvention annuelle que depuis 1996 le gouvernement octroie à la presse privée ou l’effectivité du droit d’accès aux sources d’information.
Mais la perspective que la loi 56-93 du 30 décembre 1993 portant code de l’information soit expurgée de toutes peines privatives de liberté, voilà qui viendrait couronner deux décennies de lutte des journalistes burkinabé pour qu’aucun d’entre eux n’ait plus jamais à endurer les affres de la prison du fait de son métier.
N’oublions pas que c’est aux 36es assises de la presse francophone réunies en novembre 2004 justement à Ouagadougou que fut lancé l’appel solennel à tous les chefs d’Etat africains pour cette dépénalisation.
Depuis lors et paradoxalement, on a dépénalisé tout autour, sauf au Burkina Faso alors que c’est de sa capitale qu’est partie la croisade contre ces lois scélérates qui autorisent encore qu’un homme de média puisse être écroué es qualités.
Pour qui connait bien le parcours du président Michel Kafando, son cadeau de nouvel an n’est pas en soi une surprise. Diplomate émérite, ancien ministre et ancien ambassadeur, il a été également un journaliste de renom dans une vie antérieure. En témoignent à l’envi ses prestations mémorables à la radio et à la télévision nationale voltaïque dans les années 60-70 de même que ses chroniques lumineuses dans la presse écrite, notamment les colonnes du quotidien privé l’Observateur.
C’est donc à bon droit qu’à la rencontre du jeudi 22 janvier, il a donné du « chers confrères » à la centaine d’hommes et de femmes de presse qui y avaient afflué.
Vivement alors que cette promesse de dépénalisation soit traduite en projet de loi à soumettre aux députés du Conseil National de Transition (CNT) faisant office de parlement.
Les dieux de l’information et de la Communication aidant, le président du CNT n’est personne d’autre que notre confrère Chérif Sy, directeur de publication de l’hebdomadaire Bendré. Chérif Sy qui n’a jamais fait mystère lui non plus de son ambition de faire de ce dossier un des enjeux phares de son court mandat (Le Conseil National de Transition est prévu ne durer que douze mois).

Par Edouard Ouédraogo
Président de l’UPF/Burkina
Directeur de Publication
de l’Observateur Paalga

© AFP/Pius Utomi Ekpei

Pays

Burkina Faso

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