Haïti : Des professionnels débattent de l’autorégulation des médias en ligne

publié le 3 mai 2018

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L’Organisation Internationale de la francophonie (OIF), en collaboration avec la Fondation Connaissance et Liberté (FOKAL), organisait, lundi 16 avril 2018, une table ronde de trois jours autour de l’autorégulation des médias en ligne en Haïti. Cette table ronde était l’occasion pour les professionnels de médias et les juristes de confronter les pratiques en vigueur en Haïti à celles d’autres pays de l’espace francophone grâce à la présence de professionnels venus de la Tunisie, de la Côte d’Ivoire et de la Gambie.

« Nous avons plus que jamais besoin de valoriser les médias et les journalistes qui démontrent que la liberté d’expression est moins un concept qu’une vérité quotidienne qui nécessite responsabilité et déontologie », a déclaré Bertrand Levant, spécialiste du programme « Liberté d’expression et régulation des médias » à l’OIF.
L’objectif de cette table ronde, selon les organisateurs, est d’approfondir la réflexion sur les conditions d’un développement sain des médias numériques, d’une part, en échangeant sur les garanties normatives nécessaires en matière de liberté de presse et, d’autre part, en partageant les expériences et les principes des acteurs numériques les plus en vue en matière de déontologie journalistique avec des représentants de la société civile.
Un premier panel sur l’ « Ethique et responsabilité des médias et des journalistes à l’ère du numérique et les mécanismes d’autorégulation » a été animé par Gotson Pierre, responsable d’Alterpresse et de Neji Bghouri, président du Syndicat national des journalistes tunisiens.
« En dépit de la révolution numérique en Haïti, il y a des données qui ne bougent pas. Le problème d’accès aux sources est réel. Ce qui alimente les rumeurs, dans un contexte où les institutions ne jouent pas assez la carte de la transparence et de l’ouverture. La révolution technologique n’a entamé en rien cette culture du silence encouragée par la dictature [...] », a rappelé Gotson Pierre.
Pour sa part, Neji Bghouri a tenu à préciser que l’autorégulation n’est pas l’autocensure, ni même la censure. Elle vise, selon lui, à instituer des principes cohérents en matière de déontologie. « Elle préserve la liberté, aide à réduire l’ingérence et favorise la qualité des médias », a souligné le président du Syndicat national des journalistes de Tunisie, appelant à impliquer le public dans les opérations médiatiques. « C’est la pierre angulaire des libertés et de la démocratie », a indiqué Neji Bghouri.
Le juriste Nixon Guirand, du Conseil national des télécommunications (CONATEL), la journaliste sénégalaise Fatou Djane Senghor (Article 19, Afrique de l’Ouest) et Schiller Jean Baptiste (chef de cabinet du DG du CONATEL) sont tour à tour intervenus dans le cadre du second panel autour du sous-thème « Les garanties normatives de la liberté de presse dans le contexte numérique ».
« Dans le contexte du numérique, il y a un changement de paradigme. La liberté de la presse a pris des proportions inimaginables, grâce aux medias et réseaux sociaux, tandis que les garanties normatives sont réduites en une peau de chagrin [...] L’autorégulation des medias doit donc se greffer sur les mécanismes de régulation », a déclaré Schiller Jean-Baptiste, précisant que l’État n’est plus le seul à intervenir dans la définition des principes régissant l’exercice de cette liberté.
« Nous avons en Haïti un avant-projet de loi sur les communications électroniques qui a été élaboré et soumis à l’exécutif. Il permettra de mieux articuler les règlements autour de l’ensemble des services disponibles sur Internet, bien qu’il ne touche pas directement les réseaux sociaux », a ensuite poursuivi Schiller Jean-Baptiste.

Source : Le Nouvelliste

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