Vladjimir Legagneur un journaliste haïtien toujours porté disparu

publié le 4 avril 2018

image Vladjimir Legagneur un journaliste haïtien toujours porté disparu

L’UPF se joint aux démarches engagées vers les autorités haïtiennes.

Entre cris et colère, les journalistes Haïtiens ont défilé pendant plusieurs heures à Port au Prince pour alerter la population et exiger des réponses concrètes auprès des autorités compétentes sur la disparition du journaliste Vladjimir Legagneur. Il était en reportage à « Grand Ravine », quartier de « Martissant » à quelques kilomètres du centre de Port-Au-Prince, une banlieue difficile de la capitale, à quelques encablures du palais national.

Des journalistes haïtiens ont marché le 28 Mars 2019 dans les rues de Port- au-Prince pour dénoncer la passivité des autorités judiciaires et policières sur la disparition du photojournaliste Vladjimir Legagneur, depuis le 14 mars. Marié depuis bientôt deux ans avec Fleurette Guerrier, Vladjimir a 30 ans. C’est un reporter photographe indépendant qui a travaillé pour plusieurs médias et très apprécié par ses pairs. D’où cet élan de solidarité qui a paralysé les rues de la capitale mercredi matin.
Parmi les organisations syndicales et associatives de journalistes à l’initiative de ce grand rassemblement, « Média Info plus MI+ » (un forum WhatsApp composé de journalistes issus de différents médias), le « Kolektif 2 Dimansyon, K2D » et « l’Union Nationale des Journalistes Photographes Haïtiens UNJPH »...
Vêtus de blanc, des centaines de personnes se sont réunies sur la « Place de la Constitution » au Champs de mars avant d’entamer le défilé qui les a conduits dans un premier temps devant le ministère de la justice et de la sécurité publique pour adresser un message solennel aux autorités : « nous exigeons que la lumière soit faite sur ce qui se passe. Nous n’avons aucune information sur le déroulé de l’enquête... Nous avons besoin de réponse. Il est temps d’agir pour retrouver notre collègue… » Les manifestants ont poursuivi leur parcours pour arriver devant les locaux du ministère de la Communication où ils ont soupiré pendant 7 fois. En silence et dans la dignité…
Passant devant les locaux de l’Office Protection des Citoyennes et citoyens OPC, les Marcheurs ont lancé un nouveau message : « l’État doit assumer sa responsabilité sur la disparition depuis deux semaines du photojournaliste Vladjimir Legagneur. Dis-nous la vérité… L’état doit garantir la sécurité des journalistes. »


Fleurette Guerrier Legagneur, l’épouse du journaliste a porté plainte contre x
Arrivée devant la direction départementale de l’Ouest de la Police Nationale d’Haïti (DDO), sept soupirs ont à nouveau été lancés. Sur le même parcours, les journalistes, rejoints dans leurs périples par la population, ont aussi scandé leurs souffrances devant la commission épiscopale « Justice et Paix », la plus ancienne organisation œuvrant dans le domaine des droits humains en Haïti. Ils ont solennellement demandé aux défenseurs des droits de l’Homme d’enquêter sur la disparition du photojournaliste.
Cette « Marche blanche silencieuse » entrecoupés de quelques interventions et de messages en direction des autorités s’est disloquée devant le Parquet de Port-au-Prince à 12 heures. Les journalistes en ont profité pour interpeller le commissaire du Gouvernement sur la disparation soudaine et inexpliquée de leur confrère, parti en reportage dans un lieu connu de tous. Une plainte formelle a été déposée contre X par Fleurette Guerrier Legagneur, l’épouse du journaliste qui souffre de cette atteinte à la liberté de la presse et d’informer en Haïti.
Du coup, L’Union Internationale de la presse francophone par la voie de son secrétaire général : Jean Kouchner, alertée par sa section haïtienne, interpelle le Directeur Général de la police Nationale de Port-Au-Prince sur ce qui se passe dans le pays : « l’UPF s’associe pleinement aux démarches engagées par Reporters Sans Frontières pour vous demander de déployer d’urgence tous les efforts nécessaires pour retrouver notre confrère. Je vous serai reconnaissant de me faire connaitre l’importance des moyens engagés dans ce sens ».

Frantz Montoban, Président de l’Union de la Presse Francophone de Guyane "s’étonne de la disparition soudaine et inexpliquée de Vladjimir, un journaliste professionnel très apprécié par la profession. Les journalistes de Guyane apportent leur soutien aux confrères d’Haïti et demandent aux autorités locales d’engager les moyens nécessaires pour apporter des réponses concrètes à la famille de Vladjimir sur cette disparition qui inquiète bien au-delà de la capitale de Port-au-prince".

L’Union internationale de la presse francophone

Les médias solidaires
Plusieurs médias internationaux dont « RFI », « Miami Herald », « la Voix de l’Amérique » ont aussi apporté leur soutien au mouvement.
La dernière marche de ce genre remonte à Août 2015 après les funérailles d’un journaliste de la « Télévision Nationale d’Haïti » fauché sur la route dans un accident de voiture. Transporté à l’hôpital, il n’avait pas été véritablement pris en charge convenablement par les médecins. A l’époque, les journalistes dénonçaient la mauvaise situation dans les hôpitaux publics et depuis les choses se sont améliorées.
Espérons que cette marche aura servi à accélérer l’enquête pour retrouver notre confrère qui était à son troisième déplacement dans ce lieu-dit, « Grand Ravine », dans le Sud de Port-Au Prince.
Texte, photos : Lovelie Stanley NUMA, journaliste reporter à Radio Vision 2000. Trésorière de la section haïtienne de l’UPF
Légendes photos

Différents intervenants ont pris la parole pour dénoncer le silence des autorités
Les banderoles ont délivré des messages très forts aux autorités
Différentes interventions ont eu lieu pendant le défilé
Fleurette Guerrier Legagneur, l’épouse du journaliste a porté plainte contre x
Les médias, les organisations syndicales, la section haïtienne de l’Union de la Presse Francophone, et les associations de journalistes en Haïti et à l’étranger soutiennent le mouvement des journalistes haïtiens.

Lovelie Stanley NUMA
Section haïtienne de l’UPF

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