Le Festival de journalisme de Couthures-sur-Garonne comme si vous y étiez

publié le 31 juillet 2019

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Trois jours à la campagne pas très loin de Bordeaux ni des grands crus de Saint-Émilion. Trois jours de débats, d’échanges entre journalistes et publics, entre journalistes, publics et politiques, en plein mois de juillet et de sa chaleur estivale. Trois jours d’une ambiance sereine et quasi vacancière : de la réflexion, de la profondeur, mais aussi des bains de soleil, des pique-niques, des grillades, et des trempettes dans la Garonne. La quatrième édition du Festival du « Monde », grand organisateur, est une réussite remarquable.
« Pourquoi tant de haine ? » Un des sept thèmes débattus à l’ombre des arbres et des grandes toiles tendues. La question méritait d’être posée après cette période de rejet des journalistes et des médias par des « gilets jaunes » dénonçant pêle-mêle et sans nuances tout ce que la France compte de relais d’information. Les expériences de confrères allemands, suisses, hongrois sont venues illustrer que certaines chaines d’info en continue « hystérisent » et déforment l’information. « Le problème est l’unilatéralité de certains médias qui ne parlent pas de ce qui gène le gouvernement », soulignait notamment Richard Werly, correspondant du « Temps », quand Tamás Rónay, journaliste hongrois, dénonçait le danger d’une extrême droite diabolisant les médias et poussant à la haine.

Sur le même thème, analysant les causes de la haine, Clémentine Autain soulignait la liberté nécessaire de critique des médias, mais la responsabilité des politiques de ne pas promouvoir un modèle économique indépendant. « Le problème est celui des conditions économiques de production de l’information (…) Il faut une loi anti concentration des médias, et porter attention au problème des revenus moyens des journalistes ».

« Perquisitionner un média, c’est beaucoup plus grave que de diffuser une information insuffisamment vérifiée ». affirmait un participant, ce qui n’excuse rien…
Ainsi 4500 festivaliers ont échangé de tables rondes en ateliers, de « speed dating » en « rencontres au clair de lune ». On s’est pris au sérieux, on a approfondi une idée, on a ri, on a dansé, on s’est étonné que ce village perdu de 390 habitants régulièrement envahi par les eaux de la Garonne prenne plaisir à se laisser inonder par tant de monde. Françoise Dost, alors vice-présidente de l’UPF avait déjà dit dans notre lettre tout le bien qu’elle pensait de ce lieu magique. Je confirme. L’UPF Internationale va engager des échanges avec Le Monde en vu d’un éventuel partenariat. Gilles Van Kote, directeur du Festival qui nous a reçus à Couthures y voit déjà un grand intérêt.

Jean Kouchner
Vice-Président international

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