Monaco : élections législatives et première médiatique

publié le 7 mars 2018

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Comme tous les 5 ans, les monégasques ont voté pour le renouvellement de leur parlement : Le Conseil National. Cette chambre unique (haute assemblée) vote le budget sans droit d’amendement, a le pouvoir capital à Monaco de désaffectation d’un terrain public pour un projet immobilier privé ou semi public, ratifie les traités. Le nouveau parlement devra donc se prononcer sur un éventuel accord d’association en discussion avec l’Union Européenne.
La liste gagnante est la liste Priorité Monaco 21 sièges sur 24 et prêt de 60 % des suffrages. Elle était conduite par Stéphane Valeri- deux fois déjà président du parlement et 7 ans ministre du Prince, à la santé et au social. Un impressionnant bilan pour un homme de 55 ans.
Le programme est celui des priorités monégasques- Défense des nationaux, logement dans le domanial- Priorité d’emploi dans leur pays avec la volonté de défendre les spécificités d’une prospérité indiscutable. Une position donc très vigilante vis-à-vis des concessions éventuelles aux normes européennes. Ce sera le grand débat des prochains mois.
Une chose est sûre. Il n’y aura plus d’élections à Monaco sans débat public entre les têtes de listes. Il n’était pas prévu, mais il a été organisé par deux des trois candidats dans le cadre d’une radio privée et sur youtube et cela a été un véritable succès.
L’information généraliste des monégasques par la presse se fait par le biais d’un quotidien régional avec une page Monaco soutenue financièrement par le gouvernement comme le reste de la presse écrite, un hebdo et 3 mensuels plus ou moins engagés politiquement.
L’audiovisuel lui- la télé- est une vitrine gouvernementale de l’actualité de Monaco très bien faite. Le parlement s’y exprime dans le cadre des débats budgétaires. Mais il y a un manque d’un média plus indépendant.
Une réflexion a été engagée à l’initiative du ministre d’état Mr Serge Telle sur la séparation de la communication gouvernementale et d’une information de service public professionnelle. Pour le moment la question reste en l’état.
Elle devrait cependant évoluer car les monégasques ont montré leur intérêt pour la politique et les débats d’idées. Le gouvernement princier n’a pas organisé le premier débat électoral monégasque, une candidate ayant refusé d’y participer. La première s’est faite sans lui.
Mais il est évident après cette campagne que la réflexion va s’accélérer, au gouvernement, comme au nouveau conseil national. Il y a une irrésistible envie d’informations plurielles et d’expressions de visions différentes dans la responsabilité et le respect des spécificités d’un pays à part. Cela s’inscrit dans l’évolution des libertés d’une monarchie institutionnelle, ce qui inclut la presse et notamment celle du son et de l’image.

Patrice Zehr
Président de l’UPF-Monaco

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