RSF solidaire avec Le Petit Journal de Bangkok

publié le 7 mars 2018

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« RSF » exprime sa solidarité avec Le Petit Journal de Bangkok, attaqué par un ressortissant français devant la justice thaïlandaise

Dans un communiqué, Reporters sans frontières (RSF) « déplore la décision du président de la section Thaïlande de l’association Français du monde-ADFE, d’engager des poursuites contre l’édition de Bangkok du PetitJournal.com, pour diffamation devant la justice thaïlandaise ».
« C’est une affaire franco-française qui devrait se régler en France », souligne le communiqué. Pourtant, le président de la section Thaïlande de l’association Français du monde, Yamine Boudemagh, a préféré la cour criminelle de Bangkok Sud plutôt qu’un tribunal correctionnel français pour déposer plainte contre Pierre Queffélec, directeur de l’antenne de Bangkok du site lepetitjournal.com. S’estimant insulté par les propos du député des Français de l’étranger Thierry Mariani, recueillis dans une interview publiée sur le site en mai 2017, Yamine Boudemagh, également blogueur pour Mediapart, poursuit en diffamation le petit média plutôt que Thierry Mariani devant la justice thaïlandaise, pour un article en français et diffusé par des Français.
« Nul ne conteste le droit de Yamine Boudemagh de porter plainte s’il s’estime diffamé, assure Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. Mais pourquoi le faire devant un tribunal de Thaïlande, un pays dont la législation est particulièrement sévère contre les journalistes et les éditeurs ? Cette plainte confine à l’absurde. Nous appelons le plaignant à revenir à la raison et, si le conflit ne peut se régler à l’amiable, à porter devant une cour française cette affaire de diffamation qui ne concerne que des Français. »
En Thaïlande, pour ce chef d’accusation, Pierre Queffélec risque deux ans de prison ferme et l’expulsion du territoire. Tout au long de la procédure judiciaire, qui peut durer plusieurs années, il ne pourra pas quitter la Thaïlande. De plus, les frais de justice, d’autant plus exorbitants que tous les actes doivent être traduits du français vers le thaï, signeront l’arrêt de mort de cette publication en ligne à l’économie fragile, destinée aux expatriés francophones de Thaïlande.
La junte thaïlandaise, sous le général Prayuth Chan-o-cha, instrumentalise la loi sur la diffamation depuis le coup d’Etat de 2014 afin de museler et harceler les journalistes et les blogueurs dans le pays. Les étrangers ne sont pas épargnés : le Britannique Jonathan Head, correspondant de la BBC, avait été inculpé en 2017 pour diffamation, tout comme le blogueur britannique Andy Hall en 2015.
La Thaïlande se situe à la 142e place sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2017 de RSF.

Source : RSF

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