UPF-Madagascar : Appel pour une organisation professionnelle de la couverture des élections

publié le 18 septembre 2018

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A l’issue du symposium de la section malgache de l’Union de la Presse Francophone (UPF) tenu au Centre de Formation Multi-média (CEFOM) Maibahoaka Ivato Antananarivo du 12 au 14 septembre 2018, les journalistes lancent un appel aux propriétaires de médias privés pour qu’ils favorisent une organisation professionnelle de la couverture de la campagne électorale 2018.

Pour atteindre l’objectif, l’UPF Madagascar a tracé les pistes suivantes :
• En organisant dans chaque média un dialogue interne préalable avec la rédaction sur les principes et règles de couverture de la campagne électorale
• En pratiquant la transparence vis à vis du public par une déclaration éditoriale sur les principes que suivra le média, voire sur son engagement à soutenir tel ou tel candidat
• En encadrant et gérant de façon visible la différenciation entre information et publicité (typographie différente, jingle ou mise en images spécifique, etc.)
• En consacrant une part minime mais réelle du surcroît de recettes publicitaires politiques au financement d’initiatives rédactionnelles autonomes
• En excluant formellement de demander aux journalistes de se consacrer à la recherche de contrats de publicité politique
• En s’interdisant de demander aux journalistes de prêter leur professionnalisme pour la mise en forme de documents de nature publicitaire
• En refusant que les candidats ou partis choisissent les journalistes ou excluent les journalistes de la couverture de leur campagne
• En donnant aux seuls directeurs de rédaction ou rédacteurs en chef la maîtrise des décisions concernant le suivi de la campagne
• En interdisant aux journalistes toute manifestation extérieure de soutien ou de complicité avec quelque candidat que ce soit, toute acceptation de gratification provenant des candidats, ainsi que toute prise de position partisane, même sur les réseaux sociaux
• En garantissant aux journalistes de droit de se déporter si la couverture d’un événement les mettait en position de conflit d’intérêt, d’user d’une clause de conscience
• En s’engageant à assurer la défense des journalistes qui seraient menacés ou poursuivis du fait d’une activité professionnelle légitime
• En instaurant un mécanisme interne de vérification régulière de la mise en œuvre de ces engagements

Les journalistes font appel aux organisations d’éditeurs, à toutes les organisations de journalistes, comme à la CENI, pour aider à la mise en œuvre de ces engagements
A noter que ce symposium est placé sous le thème « Pour une couverture indépendante des élections ». Une pléiade de panélistes et de journalistes membres de la section Madagascar de l’UPF ont donné une nouvelle image au paysage médiatique malgache surtout en cette période électorale.
Citons entre autres les interventions du secrétaire général du ministère de la communication et des relations avec les institutions, Guy Laurent Ramanankamonjy, de l’ancien président de l’association de la presse présidentielle française, Dominique Gerbaud, du chargé de mission du bureau international de l’UPF, Loïc Hervouet, du président de la section Maurice de l’UPF, ancien directeur général de l’Express de Madagascar, Jérôme Boulle.
Par ailleurs, l’UPF-Madagascar déclare, d’une part, adhérer aux textes de référence mentionnés, en particulier le guide du journaliste malgache en période électorale, les engagements des rédacteurs en chef et directeurs de rédaction, le manifeste adopté lors de la formation des journalistes sensibles au conflit en mai et en juillet 2018, et d’autre part, soutenir l’initiative des jeunes professionnels qui a émergé lors d’un séminaire pour la constitution d’une organisation syndicale unique, pluraliste et non partisane, apte à réunir la majorité des journalistes de Madagascar et à œuvrer pour la mise en œuvre d’une convention collective minimale
Source : ANTA

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