Journée sans presse : Les médias tchadiens mobilisés contre toute entrave à la liberté

publié le 7 mars 2018

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Le président de l’Union des Journalistes Tchadiens, Belngar Larme Laguerre a conjointement animé une conférence de presse avec les différents présidents de la corporation de la presse tchadienne, jeudi 22 février, à la Maison de Médias du Tchad. Il a fait le bilan de la journée sans presse du mercredi 21 février pour dénoncer la multiplication des brutalités et des menaces que subissent les journalistes tchadiens dans le cadre de l’exercice de leur métier.

Belngar Larme Laguerre a indiqué que l’appel à la journée sans presse a été suivi à 99,8% par une majorité écrasante de médias à l’exception de la radio Coran Al Karim qui a continué à émettre toute la journée, ainsi que le quotidien Le Progrès qui est paru dans la journée de mercredi pour permettre à ses abonnés de se le procurer.

Au total, 44 sur 45 radios membres de l’Union des Radios Privées du Tchad (URPT), 15 journaux papiers et médias en ligne du Patronat de la Presse Tchadienne (PPT), 4 journaux de la Convention d’Entrepreneurs de Presse privée, et 7 sur 8 journaux de l’Association des Éditeurs de la Presse privée au Tchad (AEPT) se sont scrupuleusement pliés à cette journée sans presse en interdisant la diffusion des émissions sur les radios, la parution de journaux, la vente en kiosque, et par la désactivation d’un site ou bien l’absence de mise à jour.

« Ces différentes actions ont permis à cette journée sans presse de connaître un succès indéniable et remarquable pour dire non à la dérive policière et à celle des agents de renseignements qui font subir aux journalistes des traitements inhumains et dégradants ». Radio Oxygène ; dirigé par notre confrère et président de la section tchadienne de l’UPF, François Djékombé a fait les frais de cette dérive. « Le 10 février, lors des manifestations des étudiants tchadiens, plus de 30 policiers lourdement armés (GMIP : groupement mobile d’intervention de la police) ont forcé les portes des studios de la radio à N’Djamena pour y extraire les journalistes et les techniciens, les prendre par le col de chemise et les trainer sur l’escalier jusqu’au rez-de-chaussée, voulant à tout prix récupérer le matériel dont se servait un des journalistes pour filmer et enregistrer les manifestations qui se déroulaient juste en face de la radio », rapporte le directeur de la radio, François Djekombé. Le 12 février, la direction générale de la Radio Oxygène a protesté en adressant une lettre au Haut Conseil de la Communication (HCC), avec copie à la direction générale de la police nationale, mais la correspondance est restée sans réponse.

Lors de la conférence de presse, le président de l’Union des Journalistes Tchadiens (UJT), Belngar Larme Laguerre a appelé les journalistes à faire preuve de prudence pour éviter d’être confondus à des manifestants lors d’une couverture médiatique d’une marche pacifique.

Il annonce la tenue du congrès de l’Union de Journalistes Tchadiens (UJT) et la célébration de la journée internationale de la presse qui auront conjointement lieu en mai.

Al Wihdainfo avec l’UPF-Tchad

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