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Ouagadougou, Burkina Faso, 26-27 novembre 2004

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Textes du Xe Sommet

Manifestations du Sommet
- mardi 23 : Conseil permanent de la Francophonie
- mercredi 24: Conférence ministérielle de la Francophonie
- vendredi 26 et samedi 27 Xe sommet des chefs d'Etat et de gouvernements

Selon l'usage, les 36e Assises de la presse francophone ont été organisées par l'Union internationale de la presse francophone (UPF) à Ouagadougou du 16 au 21 novembre en prélude au sommet des chefs d'Etat de l'OIF. Dans une lettre adressée le 15 juillet 2004 à tous les chefs d'Etat et de gouvernement francophones, l'UPF avait demandé que la protection de la liberté de l'information soit placée en tête des résolutions de ce 10e Sommet.

"FRANCOPHONIE: ESPACE SOLIDAIRE
POUR UN DEVELOPPEMENT DURABLE"

Le Burkina Faso s'honore de la confiance qui lui a été faite depuis Moncton d'abriter à Ouagadougou après celui de Beyrouth le Xe Sommet de la Francophonie. Cette décision est un hommage rendu à tout le continent africain, berceau de la Francophonie. Aussi le Burkina Faso, avec l'appui de tous, est-il prêt à relever le défi et à réserver à l'ensemble de la famille francophone un accueil digne des plus pures traditions africaines.

S'il est vrai que le développement harmonieux et durable des États francophones a de tout temps constitué un objectif prioritaire de notre communauté, il est de nos jours évident que cette préoccupation, au sortir du Sommet mondial du développement durable de Johannesburg, revêt une singulière urgence dictée par le phénomène de la mondialisation. La communauté francophone se doit, de ce fait, de s'organiser de l'intérieur, en vue de mieux s'arrimer au processus en cours.

En cette période d'indispensables regroupements en pôles viables, face aux risques d'isolement et de marginalisation, les questions qui interpellent tant les gouvernants que les peuples sont celles de la solidarité, de la lutte contre la pauvreté. Aussi le thème « Francophonie : espace solidaire pour un développement durable » nous paraît pertinent pour apporter la réponse commune du monde francophone aux défis actuels de la mondialisation.

L'engagement du Burkina Faso à accueillir le Xe Sommet de la Francophonie en 2004 s'accompagne d'une invite à la communauté francophone à célébrer les notions fortes et fondatrices de solidarité et de développement durable. A l'heure des grands ensembles économiques, il nous faut imprimer à la Francophonie une plus grande dynamique d'intégration, de partage du savoir et de transfert de technologies. En effet, il ne fait aucun doute que notre communauté sera jugée sur son aptitude ou non à créer des conditions de croissance et de progrès partagés susceptibles d'assurer durablement une amélioration substantielle du niveau de vie des populations qui la composent.

L'espace économique francophone doit se consolider et se prendre en charge
La viabilité de notre espace reste liée au développement de relations économiques que nous devons tisser entre nous afin de forger un socle de solidarité, de complémentarité et de partage à notre grande famille francophone d'aujourd'hui et de demain.
Notre communauté, parce qu'elle rassemble des pays du Nord et du Sud, des pays développés riches ; et des pays en voie de développement essentiellement pauvres, lui offre une prodigieuse chance de donner au monde un modèle de partenariat réussi, tourné vers l'action et vers 1'avenir. Le développement solidaire de l'espace francophone conduira à sa meilleure intégration dans l'économie mondiale : une mondialisation qui doit prendre appui sur nos similitudes et spécificités avant de s'amarrer aux autres grands ensembles économiques de l'humanité.
A 1'heure où la mondialisation se révèle comme un phénomène incontournable, il convient que notre espace francophone s'y prépare par l'intégration et la consolidation de nos ensembles économiques régionaux. La consolidation de nos politiques d'intégration pourrait offrir l'occasion d'une forte innovation de nos politiques de développement. En effet, des régions intégrées resteront toujours de grandes destinations pour le commerce et les investissements internationaux. A ce titre les fondamentaux du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) constitueraient des pôles d'intégration actifs.
Il nous faut par ailleurs fortement affirmer notre commun et réel engagement en faveur du développement durable, de l'allégement, voire de l'annulation de la dette au profit des pays les plus pauvres et trouver des soutiens en vue de poursuivre notre croisade internationale en la matière ; un allégement dont les fruits de la remise, atouts de croissance assurée, seront redéployés vers des secteurs prioritaires de développement.

L'Education, clef de voûte du développement durable
Une grande partie du monde francophone accuse des pesanteurs et des obstacles au développement liés à un analphabétisme endémique. Dans les années à venir, un effort substantiel devrait être accompli à tous les niveaux d'enseignement en vue de combler le déficit et accroître remarquablement les taux d'éducation, de formation professionnelle et technique. Dans cette perspective les acteurs sociaux de l'éducation devraient être en mesure de donner une grande impulsion et un souffle nouveau à l'enseignement de base, à la formation professionnelle et surtout à la nécessaire coordination des universités de notre espace, tout en affectant de nouvelles missions à l'Agence Universitaire de la Francophonie.
Un plan d"action de Ouagadougou sur l'éducation, objet de la 50e session de la CONFEMEN (Conférence des ministres de I'éducation nationale) devra répondre aux aspirations légitimes des pays membres préoccupés par cette question cruciale.

Les nouvelles technologies de l'information et de la communication au service du développement durable
Le meilleur moyen de sortir la famille francophone de l'isolement ou de la marginalisation qui la menacent, réside, entre autres, dans une vulgarisation des info-routes au profit de notre espace. Tant il est vrai que les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) sont devenues un enjeu véritable dans le processus de développement de nos États où leur utilisation s'avère incontournable. L'éclosion de la technologie, facteur essentiel de la croissance économique, est une chance pour l'humanité et plus particulièrement pour les pays les moins avancés (PMA). Pour mieux servir les NTIC doivent être développées, diffusées et assimilées. A cet effet une mobilisation des responsables politiques, de la société civile, des acteurs économiques, des intellectuels et des scientifiques s'avère indispensable. L'accès à l'Internet doit être démocratisé par une large formation des populations des PMA, notamment les jeunes. Les ministres de la communication et de l'audiovisuel devront initier et mettre en route des projets porteurs durant le prochain biennum.

La paix et la sécurité, la démocratie,, la justice et les droits de 1'Homme, fondements essentiels du développement durable
La stabilité politique et la paix sociale constituent des fondements essentiels à tout développement durable, tout comme la démocratie, la bonne gouvernance et la justice sont les levains qui lui permettent de s'enraciner et de porter fruit. La sécurité intra et inter-Etats est une nécessité dans le cadre des nouvelles interdépendances nées du processus de la globalisation ; lesquelles interdépendances commandent un assainissement de l'environnement juridique de l'espace francophone en vue de sécuriser les échanges et le commerce inter-Etats. De même l'approfondissement de la démocratie, la consolidation de l'Etat de droit tout comme le respect des droits de l'Homme et des libertés publiques constituent des conditions sine qua non de la bonne gouvernance en tant qu'effort systématique d'organisation et de gestion des affaires de nos États.

La protection de l'environnement et la lutte pour la sauvegarde de la diversité biologique
Par ses activités, l'homme compromet de plus en plus l'intégrité des écosystèmes au point de mettre en péril sa propre existence et celle des générations futures. L'objectif de développement durable poursuivi par la Francophonie impose une amélioration de la façon dont nos sociétés produisent et consomment. En vue d'inverser la tendance actuelle, la Francophonie doit s'efforcer d'appliquer des stratégies de protection des terres, des eaux et des ressources non renouvelables afin de sauvegarder la qualité de la vie tout en assurant une réelle protection des richesses naturelles qui demeurent un patrimoine commun de l'humanité.

La Francophonie des peuples, la coopération décentralisée et non gouvernementale, nouveaux vecteurs d'un développement solidaire
La coopération décentralisée et non gouvernementale exerce une véritable attirance entre les peuples francophones depuis ces dernières décennies. Le dynamisme des acteurs, ONG, associations et collectivités a engendré de nouvelles formes de partage et de solidarité face auxquelles la Francophonie institutionnelle ne saurait demeurer indifférente. Cette forme de coopération impliquant la société civile renforce l'amitié et la solidarité entre les peuples du monde francophone et gagnerait de ce fait à être accompagnée et encouragée.

Conclusion
Dans la dynamique de la mondialisation, prétendre constituer un Etat de droit, respecter les droits de l'Homme, sans combattre la faim, les pandémies, le dénuement extrême et la pauvreté qui caractérisent trop souvent hélas la majeure partie de notre communauté, c'est prendre le grave risque de courir à l'échec. Aussi, est-il nécessaire et urgent d'oeuvrer à construire, ensemble et au plus vite, une Francophonie, Espace Solidaire pour un développement durable.

(Communication du gouvernement burkinabé)

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UPF - 36e assises de la presse francophone
Ouagadougou, Burkina Faso - 16-21 novembre 2004